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Fruits et légumes : année contrastée chez Cerafel

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En 2024, l’AOP bretonne a connu un recul de certaines productions historiques (chou-fleur, artichaut), mais une bonne année en tomates. Elle table sur la diversification, en particulier les petits fruits rouges

À l’occasion d’un point presse le 20 juin, l’AOP bretonne Cerafel a détaillé les résultats de la campagne 2024 pour ses principales productions. D’une manière générale, les volumes ont connu une légère baisse l’an passé à 338 000 tonnes contre 355 000 tonnes en 2023. Les surfaces sont en légère progression, passant de 20 132 à 20 352 en un an, malgré les fortes baisses en choux-fleurs et artichaut. Le chiffre d’affaire est en hausse à 32,20 M€.

Derrière ces chiffres, beaucoup de contrastes. Du côté des bonnes nouvelles, la gamme tomates Prince de Bretagne a connu une dynamique positive dans un contexte de forte concurrence, portée par de bons rendements. Les courges ont bénéficié d’une saison record, tant en volumes qu’en chiffre d’affaires, profitant d’engagements solides des clients. L’échalote traditionnelle s’est aussi imposée sur un marché porteur, avec une offre restreinte due à la diminution des surfaces, mais une demande constante, y compris en bio, qui a permis de maintenir des prix soutenus.

La saison a été difficile pour les choux d’hiver (chou-fleur et le chou-pomme) alors que les crucifères d’été (brocoli, romanesco) se sont mieux comportées. L’artichaut, malgré une baisse des surfaces et des rendements, a bénéficié d’une meilleure valorisation (nouvelle stratégie commerciale).

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Fortes espérances sur les fruits rouges

L’AOP continue de diversifier : lancement de la première vanille de Bretagne, mise en place de l’endiverie de Kerlouan, création d’un atelier de surgélation des fonds d’artichauts afin de mieux valoriser certains calibres. L’effort se porte aussi sur de nouveaux produits. L’exemple le plus accompli est le développement de la myrtille : « Nous attendons une vingtaine de tonnes cette année, mais l’objectif est d’atteindre 120 à 130 tonnes à l’horizon 2038 », a expliqué Marc Kerangueven, président du Cerafel. La production bretonne profite d’une fenêtre dans le calendrier de commercialisation entre la fin des importations du Maroc et le début de la récolte dans le Sud-ouest de la France. « Nous sommes partis de rien mais aujourd’hui douze producteurs sont engagés. De nouveaux vergers expérimentaux vont être mis en place à la station CATE pour tester de nouvelles variétés », continue-t-il.

Le Cerafel entend développer cette offre fruits rouges avec la framboise et la mûre. Cette production est le fait essentiellement de nouvelles installations, ce qui renvoie au dossier délicat de la transmission : « Les départs en retraite ne sont pas entièrement compensés, reconnaît Marc Kerangueven, mais nous sommes passés d’un remplacement sur trois à un sur deux. Et nous n’avons pas de friches, toutes les terres sont maintenues en légumes »

Le chiffre d’affaires 2024 s’établit en hausse à 32,20 M€