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Fruits et légumes transformés : bon cru 2023 pour la filière

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La transformation fruitière et légumière française s’est bien portée l’année dernière, aussi bien pour la production que pour les industriels. La météo rend floues les prévisions pour 2024.

En 2023, les volumes de fruits et légumes livrés à l’appareil de transformation français ont atteint 1,7 million de tonnes, soit une progression de 6,8 % par rapport à l’année précédente, a-t-il été indiqué lors d’une visioconférence de FranceAgriMer le 18 décembre. Le chiffre d’affaires à la production progresse fortement à 550 M€ (+ 39 % par rapport à 2022). Portées par la hausse de la demande des transformateurs, les surfaces implantées augmentent de 1 % sur la période pour atteindre 153 600 ha (vergers à doubles fins inclus). Grâce à des conditions climatiques plutôt favorables, les cultures légumières ont connu de bons rendements à quelques exceptions régionales près. Préservée globalement des aléas climatiques, la production fruitière a pu répondre globalement aux demandes des industriels (à l’exception de la pomme très axée sur le frais et l’export)

Conserves en hausse, jus en baisse

Les fabrications industrielles progressent pareillement de 1 % en volume mais connaissent un chiffre d’affaires en forte hausse : + 11 % en 2023 (5,64 milliards d’euros), reflet de l’inflation. Cependant, selon les techniques, le panorama est plus contrasté. Les conserves progressent sur la période de 6 % (557 000 tonnes ½ brut) tout comme les surgelés (+ 4 % à 362 000 tonnes) et le trio compote/confiture/fruit confis (+ 3 % à 616 000 tonnes). En revanche, les produits de IVe gamme restent atones (+ 0,3 % à 109 000 tonnes) et les jus et nectars reculent de 3 % avec 1,2 milliard de litres.

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La balance commerciale de la filière demeure déficitaire : -1,6 milliard d’euros, en progression de 13 % en 2023. Là aussi, on note une grande disparité selon les produits. Ainsi, la compétitivité des légumes en conserves et surgelés s’érode avec un déficit multiplié par deux en une décennie (-391 M€ en 2023). En revanche, le solde commercial en valeur de la compote, positif depuis 2018, se maintient en 2023 (35,8 M€) alors que le solde est négatif en volume : « L’importation concerne des produits peu qualitatifs et l’exportation est bien valorisée », note FranceAgriMer. Début 2024, la filière continuait à être attractive à la production même si la demande des transformateurs devait rester relativement stable après une année 2023 qui a permis de reconstituer les stocks. Et malgré les inquiétudes à propos d’un excès d’eau suite à la météo de la fin 2023 dans certaines régions productrices – surtout en fruit : « Les aléas climatiques auront nécessairement des conséquences sur les volumes livrés aux usines ». Ce à quoi s’ajoute aussi la difficulté à lutter contre les bioagresseurs, alors que les filières sont mobilisées trouver des alternatives en période plus sèche.

Le chiffre d’affaires des producteurs progressait de 39 %