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Fruits et légumes, vin : les professionnels se préparent à la seconde vague

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Tirant les leçons de la première vague de la pandémie de Covid-19 au printemps, les professionnels des secteurs du vin et des fruits et légumes demandent, alors que de nombreux pays commencent à reconfiner leur population, aux institutions européennes des outils pour faire face à la seconde vague qui pourrait être plus compliquée à passer.

« La situation reste difficile et la deuxième vague de la pandémie de Covid-19 arrive. Nous avons besoin des aides du fonds de relance pour passer cet obstacle qui s’annonce plus dur que celui du printemps », a prévenu Thierry Coste, président du groupe de travail vin des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) à l’occasion d’une audition des représentants des secteurs du vin et des fruits et légumes, organisée le 26 octobre par la commission de l’Agriculture du Parlement européen.

Mais, a rappelé Michael Scannel, directeur général adjoint de l’Agriculture à la Commission européenne, au début de la crise ce ne sont pas tant les aides financières que les dispositions prises pour maintenir les marchés ouverts qui ont permis au secteur de surmonter les problèmes. La plupart des intervenants ont convenu qu’il n’y avait pas de solution miracle pour faire face à cette situation mais plutôt une variété de mesures pour répondre aux besoins spécifiques de chaque production et de chaque région.

Plan de relance pluriannuel

« Nous avons besoin d’un plan de relance pluriannuel de la viticulture », a estimé Thierry Coste. En attendant, il a demandé la prolongation des mesures de marché (stockage privé, distillation de crise). La Commission européenne a déjà annoncé qu’elle prolongerait les mesures de marché en place avec effet rétroactif au 16 octobre. Une décision qu’a salué l’eurodéputée Irène Tolleret (Renew Europe) mais elle a critiqué la perspective d’une baisse de 3,9 % du budget des programmes sectoriels, comme celui du vin, selon les propositions négociées sur le cadre financier pluriannuel post-2020.

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« Ce n’est pas le moment de mettre en place de telles coupes », a-t-elle estimé. D’autres eurodéputés ont plaidé pour des mesures de réduction provisoire du potentiel de production (Herbert Dorfmann, PPE) ou ont insisté que sur les actions de promotion (Paolo De Castro, S&D).

Plus problématique

« La crise est loin d’être passée surtout avec le Brexit qui s’annonce », a pour sa part prévenu Daniela Zandona, de la Fédération européenne des vins d’origine (Efow) qui a encouragé pour le moyen terme les institutions à avancer sur trois dossiers législatifs en cours de discussion : la réforme de la Pac avec notamment un « véritable budget de crise agricole », la stratégie « De la ferme à la table », et la numérisation.

Pour le secteur des fruits et légumes, les inquiétudes sont sensiblement les mêmes que celles du secteur du vin. La première vague de Covid-19 et le confinement qui l’a accompagnée a, certes, entraîné une augmentation globale de la demande de fruits et légumes (avec néanmoins des variations d’un produit à l’autre), mais, souligne Luc Vanoirbeek, président du groupe de travail Fruits et légumes au Copa-Cogeca, elle a aussi été à l’origine de coûts de production supplémentaires estimés à 500 millions d’euros. Pour la seconde vague, qui pourrait « être plus problématique », il demande notamment des mesures de promotion et une numérisation des audits pour faciliter les exportations.