Le bilan de la consommation à domicile de fruits et légumes des ménages pour l’année 2017 montre une situation contrastée : si les fruits sont dans une situation stable, en légère hausse, les légumes connaissent une légère baisse. Parallèlement, la filière vise la restauration collective, qui serait devenue le moteur de la croissance du marché des fruits frais, selon une étude FranceAgrimer.
L’année dernière, les achats de fruits frais des ménages français pour leur consommation à domicile ont augmenté de 0,2 % par rapport à 2016, en volume, à 8,51 tonnes pour 100 ménages, soit 85,1 kg par ménage. Un chiffre en accord avec la moyenne quinquennale (+0,7 %), rappelle FranceAgriMer dans une note de conjoncture de la filière fruits et légumes publiée le 16 février. À l’inverse, les volumes d’achats de légumes frais sont en diminution de 2 % l’année dernière, à 81 kg par ménage. Des chiffres qui restent « à peu près conformes à ce qu’on attendait », confirme Bruno Dupont, président d’Interfel.
Dans le détail, les fruits les plus populaires auprès des Français restent les pommes (14,48 kg par ménage), suivies des bananes, oranges, clémentines, pêches-nectarines et poires. Si les volumes achetés ont progressé pour les bananes et les agrumes, « ils accusent un recul sensible pour les pommes (-4 %) et les poires (-3 %) ». « C’est surtout dû à une baisse des volumes de production », juge Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF). « Il y a eu une baisse de 25 % de la production sur le marché européen, notamment en Pologne, qui a fait augmenter les prix », précise-t-il. Concernant les légumes, les plus achetés restent de très loin les tomates (13,28 kg par ménage) suivies des carottes, des melons, des salades, des endives et des courgettes. « La forte baisse des achats concerne la plupart des légumes », constate FranceAgriMer atteignant près de 7 % pour les melons, 6 % pour les salades et jusqu’à 9 % pour les courgettes. Pour ces derniers, « c’est peut-être plus inquiétant, juge Brunot Dumont, il peut y avoir détournement de certains produits, notamment du fait de la réapparition de légumes anciens comme les radis noirs, le navet ou le brocoli. Ça peut finir par peser dans ce qu’achète le consommateur ».
Un prix moyen en hausse
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Dans la continuité des tendances de ces dernières années, le prix moyen au détail est à la hausse, aussi bien pour les fruits, atteignant 2,42 € le kg soit une hausse de 1 %, que pour les légumes, qui atteignent 2,29 € le kg soit une hausse de 2,8 %. Une hausse encore plus parlante si on les compare aux moyennes quinquennales : +9,6 % pour les fruits et +7,1 % pour les légumes. « Il est toujours très difficile d’en tirer des conclusions, cela peut changer totalement d’une année sur l’autre », rappelle M.Barbier. Idem pour M. Dupont qui constate que malgré ces prix en hausse « d’une manière générale on est plutôt dans une tendance d’acte d’achat sur le végétal au dépend des autres dépenses d’alimentations ».
Augmentation des ventes dans la restauration hors domicile
FranceAgriMer fait également un point sur le marché des fruits et légumes frais dans la restauration hors domicile, comprenant à la fois la restauration collective (les cantines) et la restauration commerciale. Un marché névralgique puisqu’il a représenté près de « 15 % des repas consommés par les Français, et plus de 30 % de leurs dépenses alimentaires en 2016 ». 635 000 tonnes de fruits et légumes y ont été consommées en 2016, « un gain de 15 000 tonnes en 5 ans », note l’étude, qui juge que « la restauration hors-foyer s’est adaptée aux nouvelles attentes des consommateurs, avec une orientation plus qualitative, favorable à la filière des fruits et légumes ». C’est particulièrement vrai de la restauration collective où les ventes de légumes ont augmenté de 5,3 % en 5 ans et de 7,3 % pour les fruits. Pour ces derniers, l’étude estime d’ailleurs qu’elle est aujourd’hui « le moteur de la croissance du marché des fruits frais ». « On cherche à mettre en avant la filière avec des opérations de partenariat avec la restauration collective, notamment via l’école », confirme M. Dupont pour qui un problème d’importance demeure : celui de la valeur. « Un repas complet à 1,20 euro avec des produits bio produits localement, c’est impossible. Les pouvoirs publics doivent mettre le prix nécessaire », estime-t-il en faisant référence à l’une des mesures du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation.