Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Microbiology le 16 août a permis d’identifier un mécanisme clef derrière la virulence du champignon (Fusarium oxysporum f.sp. cubense) à l’origine de la fusariose du bananier Cavendish, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies susceptibles de ralentir, voire de contrôler, sa propagation. Après avoir décimé le commerce des bananes de la variété Gros Michel dans les années 1950, la fusariose du bananier menace désormais la production mondiale de sa remplaçante, la banane Cavendish. Pendant environ 40 ans, la banane Cavendish a prospéré dans le monde entier, avant qu’une nouvelle épidémie de fusariose ne se propage comme un feu de forêt de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique et à l’Amérique centrale dans les années quatre-vingt-dix.
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« Nous avons passé les dix dernières années à étudier cette nouvelle épidémie de fusariose du bananier », précise Li-Jun Ma, coautrice de l’étude et professeure de biochimie et de biologie moléculaire à l’université du Massachusetts, dans un communiqué. Résultat : l’équipe a découvert que la fusariose du bananier Cavendish n’a pas évolué à partir de la souche ayant anéanti la variété Gros Michel. Selon l’étude, la virulence de cette nouvelle souche semble être causée par certains gènes accessoires liés à la production d’oxyde nitrique. Or, cette virulence était « considérablement réduite lorsque deux gènes de la fusariose du bananier Cavendish impliqués dans la production d’oxyde nitrique étaient éliminés ». Si l’identification de ce mécanisme ouvre de nouvelles pistes pour contrer la fusariose du bananier, Mme Ma pointe du doigt la pratique de la monoculture, qui en raison d’un « manque de diversité », devient « une cible facile pour les pathogènes ».