Les consultants de Triangle et la Coopération agricole Métiers du grain voient d’un bon œil ce rapprochement, dont le modèle pourrait être reproduit à d’autres régions.
Dans son « Manifeste agriculture et territoires 2030 » (publié en 2018), le groupe Triangle (consultants) avait évoqué la nécessité d’engager « un mouvement global de structuration du paysage coopératif ». Sur son compte LinkedIn, le cabinet de conseil estime, ces derniers jours, que le projet de rapprochement entre Agrial et Terrena montre que ce mouvement existe bel et bien, après celui d’Euralis avec Maïsadour, « le début de structuration dans le grand Massif central autour de Natera » ou « les efforts de structuration d’Océalia dans le Centre Ouest ».
Mais, pour le groupe Triangle, plusieurs régions manquent encore « d’un vrai leader cohérent ». C’est le cas « de la Beauce à la frontière belge » ; dans le Centre Est où « rien ne justifie l’éparpillement actuel dans des structures moyennes se méfiant les unes des autres alors qu’aucune ne dispose de la taille critique » ; en Lorraine et en Alsace « malgré le projet entre la Cal et Lorca, qu’il faut encourager et poursuivre » ; dans le Sud, « malgré le dynamisme appréciable de Terres du Sud ». Et d’évoquer deux facteurs limitants : « L’Autorité de la Concurrence qui n’intègre pas suffisamment le fait que les projets coopératifs ne visent pas à fausser la concurrence au détriment du consommateur » et « l’attitude de bien des dirigeants qui ne se battent pas, ou pas suffisamment, pour faire naître ces projets ».
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Une situation complexe
Lors de la conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole (LCA) Métiers du grain le 23 septembre, son président Antoine Hacard a jugé positivement le rapprochement annoncé entre les coopératives Agrial et Terrena. « Ce sont des entreprises qui ont des projets. […] Ces opérations ont pour but de créer des leaders internationaux et parfois régionaux, qui se feront dans l’intérêt des agriculteurs. Je n’y vois que du positif. Le danger, c’est l’immobilisme », a-t-il déclaré.
Pour rappel, les coopératives céréalières françaises se trouvent dans une situation complexe : infrastructures vieillissantes, accumulation de mauvaises récoltes lors des trois dernières années, prix des céréales au plus bas, hausse des coûts (salaires, énergie, engrais etc.). Dans ce contexte adverse, les coopératives ont naturellement tendance à se regrouper afin d’optimiser les coûts et gagner en compétitivité, a rappelé le président de LCA Métiers du grain. Les opérations de rapprochement n’étant pas suffisantes à ses yeux, le réseau des coopératives analyse ses besoins en termes de financements, afin d’élaborer des demandes précises de soutien aux autorités. Le détail des demandes sera divulgué début 2026, lors du Salon de l’agriculture.