Abonné

Fusion Inra-Irstea : les syndicats veulent des moyens pour l’agroécologique

- - 4 min

Les syndicats Sud-recherche, FO et CGT de l’Inra et de l’Irstea ont demandé lors d’un point presse le 12 juin des moyens pour la recherche agroécologique « qui soient à la hauteur des ambitions affichées » par la France sur les questions environnementales (pesticides, biodiversité, ressources énergétiques et hydrauliques, changement climatique). Il s’agit de garantir des orientations pérennes et des budgets soutenus pour la recherche agroécologique.

Au lendemain d’une réunion plénière du Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) sur le projet de fusion de l’Inra et de l’Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture), qui s’est tenue le 11 juin au soir, les syndicats Sud-recherche, FO et CGT ont demandé lors d’un point presse des moyens pour la recherche agroécologique « qui soient à la hauteur des ambitions affichées » sur le plan national et international (par exemple, la sortie du glyphosate).

Demande d’une tutelle de l’Environnement…

Les syndicats estiment avoir reçu « deux messages négatifs » du gouvernement le 11 juin à propos de leurs principales demandes. Celles-ci sont une tutelle du ministre chargé de l’Environnement, s’ajoutant à celles des ministres de la Recherche et de l’Agriculture, et une transformation des financements sur contrats en une subvention du ministère de la Recherche.

L’entourage du ministre de l’Agriculture estime qu’une tutelle du ministre chargé de l’Environnement n’apporterait rien et ne ferait que compliquer les procédures de signature de textes. À l’appui de son argumentation, il rappelle que le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) n’est pas sous tutelle du ministre de l’Agriculture et que cela ne l’empêche pas de mener des missions agronomiques de renommée internationale.

… et d’un financement par la Recherche

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

glyphosate
Suivi
Suivre
changement climatique
Suivi
Suivre

Les syndicats craignent par ailleurs de bénéficier de conventions de recherche au coup par coup. Ils demandent que leurs budgets soient financés directement par le ministère de la Recherche : « Il est contradictoire avec les préoccupations environnementales affichées aujourd’hui par tous les responsables politiques que la recherche de l’environnement ne soit pas financée par le budget du ministère de la Recherche au même titre que tous les autres domaines de recherche (santé, informatique, agronomie) et doive se faire financer via des contrats aléatoires par les directions du ministère de la Transition écologique ou ses agences (Ademe, Agence française pour la biodiversité) », indique la motion « budget » des syndicats.

Les syndicats pointent deux "messages négatifs"

Budget : la crainte de la stagnation

À propos du budget, « dans leur lettre du 15 mars, les ministres de tutelle confirment que la fusion devra se faire à budget constant », notent les syndicats dans leur motion. « Ce n’est pas la peine de faire une fusion si c’est pour stagner », s’est exclamée Marie-Bernadette Albert, membre du bureau du syndicat Sud-Recherche-EPST, branche Irstea. « En tant qu’agents de recherche, mais aussi en tant que citoyens, on ne peut qu’être inquiets face aux moyens que met le gouvernement. Il affiche des objectifs de sortie du glyphosate, mais c’est surtout de la comm’», a renchéri Françoise Vernier, ingénieure de recherche à l’Irstea et représentante de FO. Au ministère de l’Agriculture, l’entourage de Didier Guillaume assure que « l’État a répondu présent » aux demandes de dépenses additionnelles, dues à la fusion.