Qu’est-il allé faire dans cette galère ? Dans le manuel du nouveau ministre, il devrait être écrit en bonne place : « Tu n’iras pas te confronter à Jean-Jacques Bourdin avant le premier anniversaire de ta nomination ». Stéphane Travert, lui, y est allé au bout de quatre jours, et il a dû s’en mordre les doigts. Les néonicotinoïdes, c’est le sujet qui empoisonne l’actualité agricole depuis au moins quinze ans. Un dossier à manier avec d’infinies précautions. Le monde agricole a des arguments en sa faveur : Emmanuel Macron s’était engagé à revenir sur les sur-transpositions par rapport à la réglementation de Bruxelles. Or, dans le cadre de la loi sur la biodiversité, en interdisant tous les néonicotinoïdes à partir de 2018, la France surtranspose. Mais pourquoi Stéphane Travert a-t-il dit qu’il voulait revenir sur ce texte de loi alors que le jour même de sa nomination, un arbitrage gouvernemental avait été pris dans le sens opposé, au cours de la préparation du projet de loi sur la simplification ? Est-il allé sur ce terrain miné sciemment ou par méconnaissance ?
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Subir un recadrage à la fois de Nicolas Hulot et d’Edouard Philippe à la veille du lancement des États généraux de l’Alimentation, c’est envoyer un très mauvais signal. D’autant que Nicolas Hulot est bien décidé à marcher sur les plates-bandes du ministre de l’Agriculture aussi souvent qu’il le pourra. Cela fait vingt ans qu’il cogite sur le sujet. Et à lire le projet de déroulement des États généraux, avec la multitude de sujets à traiter, la tenue d’innombrables ateliers, les doléances de toutes les organisations et l’implication de huit ministères, il faudra que Stéphane Travert tienne sacrément la barre pour conduire les États généraux à bon port.