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Gel : la France, la Grèce et l’Italie appellent à la solidarité européenne

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Pour venir en aide urgemment au secteur vitivinicole et à la filière arboricole qui ont été les plus touchés par l’épisode de gel, la France, accompagnée de la Grèce et de l’Italie, demande à la Commission européenne d’apporter un soutien financier exceptionnel.

En raison de la récente vague de froid survenue début avril, les délégations française, italienne et grecque ont appelé la Commission européenne, lors du Conseil des ministres de l’Agriculture du 26 avril, à la « solidarité européenne » en s’appuyant notamment sur l’article 221 de l’OCM afin de compenser les pertes sévères des vignerons et des arboriculteurs européens. Elles ont également indiqué qu’un « autre dispositif peut aussi être envisageable ».

Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a répondu qu’il était conscient de l’urgence de la situation et qu’il suivait avec attention l’évolution du marché pour les secteurs concernés. Mais il s’est contenté de rappeller que l’UE a déjà consacré jusqu’à 300 Mio € à des mesures telles que la distillation de crise, le stockage ou encore la vendange en vert. Il a aussi indiqué qu’un accord sur la prolongation des autorisations actuelles de plantation de vignes jusqu’en 2045 est sur la table, dans le cadre des négociations en cours sur le règlement relatif à l’OCM.

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Le Copa-Cogeca s’alarme de la situation

Toutefois, pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), « dans certaines régions, la situation est catastrophique, car tout a été détruit, y compris les nouveaux bourgeons. Les vignerons français s’attendent à une récolte historiquement faible et les vignerons toscans craignent que les pertes atteignent jusqu’à 50 % des nouvelles plantations ». Et d’ajouter que « selon les estimations actuelles, 30 % de la récolte ont été perdus en France, ce qui équivaut à une perte de 2 Mrds € au seul stade de la production, c’est-à-dire sans compter la valeur ajoutée par la mise en bouteille, les appellations ou les exportations. Ce qui signifie que la perte réelle pourrait être trois fois plus élevée ». Au regard de la situation, le Copa-Cogeca demande ainsi à l’exécutif européen « de doter le secteur vitivinicole européen d’un budget extraordinaire, équivalent au budget annuel des programmes nationaux de soutien audit secteur et provenant de l’extérieur de la Pac, ainsi que des outils de gestion de crise pour une année supplémentaire ». En outre, l’organisation professionnelle souligne que « plusieurs dizaines de milliers d’hectares de vergers de pêches et nectarines, abricots, amandes, noix, prunes, cerises, kiwis, poires et pommes ont également été endommagés par le gel en France, en Italie, en Espagne ou encore en Grèce ».

La Commission européenne entrevoyait des perspectives plutôt favorables pour ces secteurs : stabilisation de la production et la consommation de vin dans l’UE en 2020-2021, à hauteur de 158 Mio d’hectolitres (-5 % par rapport à la moyenne sur cinq ans) ; production de pommes stable avec une augmentation de la consommation de fruits frais ; augmentation des exportations de pêches transformées. Des perspectives qui pourraient être prochainement révisées par les services bruxellois en raison de l’épisode de froid exceptionnel qui a touché plusieurs États membres.