Le gel qui vient de s’abattre sur l’Hexagone a occasionné la perte d’environ un tiers de la vendange à venir, avec un coût d’au moins 2 Mrd€ pour la filière viticole, a exposé Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, lors de la réunion de la cellule de crise le 12 avril autour du ministre de l’Agriculture. Les conséquences de ce gel « pire qu’en 2017 », encore présent dans les esprits, seront tirées dans les prochaines semaines. La production de 2017 a marqué un véritable creux dans la courbe de la production nationale depuis 2015, avec un niveau de 36,7 millions d’hectolitres (Mhl), la moyenne depuis 2015 étant de 45 Mhl.
« Après 2016, 2017 et 2019, la récolte 2021 sera, elle aussi, endommagée », a indiqué l’interprofession InterLoire, le 9 avril. Des températures négatives jusqu’à -7 degrés ont été constatées dans le vignoble ligérien, selon l’interprofession. « La répétition de ces aléas nous oblige à poursuivre nos efforts dans la sécurisation de la production », reconnaît Lionel Gosseaume, président d’InterLoire. Le gel a frappé d’importants vignobles méridionaux durant la nuit du 7 au 8 avril. Le Bordelais est « très sévèrement touché par le gel dans de vastes zones de ce vignoble de 111 000 hectares », s’est alarmé le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, avec des températures qui « sont parfois descendues en dessous de -5°C ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans l’Hérault, certains vignobles seraient touchés à 90 % (Hérépian, Saint-Chinian, Puilacher), d’autres à près de 100 % (Cabrières, Faugères), a alerté le député Philippe Huppé (LREM, Hérault), dans un communiqué diffusé le 8 avril. La cellule de crise de la chambre d’agriculture de l’Hérault « confirme ces chiffres » : 90 % du vignoble de l’Hérault seraient frappés par le gel dans le département, rapporte le député. La cellule de crise du 19 avril affinera toutes ces estimations, ainsi que celles des vignobles de Bourgogne et du Jura (voir dernier numéro).