Le nouveau Premier ministre François Bayrou a choisi la continuité pour le secteur agricole, en reconduisant Annie Genevard à l’Agriculture et Agnès Pannier-Runacher à la Transition écologique. Elles ne manqueront pas d’activité, avec cinq textes agricoles attendus au Parlement début 2025. Les syndicats agricoles demandent à rencontrer rapidement François Bayrou – faute d’entrevue rapide, la Coordination rurale menace notamment de « monter sur Paris » le 5 janvier.
Le Premier ministre François Bayrou a annoncé, le 23 décembre, la composition de son gouvernement, au sein duquel Annie Genevard reste ministre de l’Agriculture, et Agnès Pannier-Runacher ministre de la Transition écologique. Changement notable dans ces deux périmètres : le dossier de la forêt passe du ministère de l’Agriculture à celui de la Transition écologique.
Jusqu’alors députée Les Républicains du Doubs, Annie Genevard, occupe depuis le 19 septembre cette fonction, où elle avait remplacé Marc Fesneau. Depuis sa nomination, la ministre s’est efforcée de faire aboutir les promesses faites par le gouvernement Attal lors des manifestations de l’hiver dernier, et de gérer les crises sanitaires en élevages, et plus généralement les problèmes de trésorerie, notamment dans les filières viticoles et de grandes cultures, grâce à la mise en place de prêts garantis par l’État. Elle aura été interrompue, pour la partie fiscale, par la chute du gouvernement et le renvoi des débats budgétaires à début 2025.
Outre les projets de loi de finances et financement de la sécurité sociale, plusieurs projets et propositions de lois agricoles devront être examinés début 2025 : la loi sur les haies (Salmon, écologistes), la loi sur les Entraves, déposée par les sénateurs Duplomb (LR) et Ménonville (UDI) ; la loi sur la Démocratie agricole, de Nicole Le Peih (Renaissance), la loi d’orientation agricole (LOA), et la loi sur l’épandage par drone de Jean-Luc Fugit (Renaissance). La ministre avait également prévu de conduire des Assises du sanitaire en janvier, de pérenniser le Comité des solutions (pesticides), et d’élaborer un projet de loi Egalim 4 (relations commerciales) dans l’année.
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FNSEA et CR veulent voir Bayrou
Réagissant à l’annonce du gouvernement, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont demandé, dans un communiqué du 24 décembre, à être « reçus au plus vite » par le nouveau Premier ministre. « Le chef du gouvernement ne peut rester silencieux sur ses intentions pour la Ferme France », martèlent les syndicats, qui demandent une « feuille de route concrète, avec un calendrier précis pour la mise en œuvre des engagements ». Dans un autre communiqué diffusé la veille, la FNSEA et les JA saluent la reconduction d’Annie Genevard comme ministre de l’Agriculture, un choix qui « doit permettre d’assurer une continuité sur les dossiers agricoles ». Et d’appeler la locataire de la Rue de Varenne à « concrétiser » les dernières mesures annoncées (aides FCO-8, prêts de consolidation, simplification), à reprendre les mesures fiscales et sociales inscrites dans le PLF et le PLFSS, et à faire inscrire les textes agricoles « de toute urgence » à l’agenda du Parlement (LOA, PPL Entraves, etc.).
La Coordination rurale aussi veut discuter avec François Bayrou. Faute de quoi elle envisage d’appeler les agriculteurs à « monter sur Paris » et en bloquer les accès à partir de dimanche 5 janvier. « Il faut entendre l’urgence pour les agriculteurs. Si on n’a pas obtenu de rendez-vous avec François Bayrou et (la ministre de l’Agriculture) Annie Genevard d’ici jeudi, après le retour du Premier ministre de Mayotte, on appellera à monter sur Paris », a déclaré à l’AFP Patrick Legras, porte-parole de la Coordination rurale (CR). « Nous sommes déjà en train de nous organiser, de fixer des points de rendez-vous. L’idée sera de bloquer les accès » à la capitale à partir de dimanche, a-t-il précisé, confirmant ses appels à la mobilisation de « tous les agriculteurs », syndiqués ou pas, sur RMC.
De son côté, la Confédération paysanne exhorte Annie Genevard à agir « structurellement pour donner un avenir aux paysans » et à faire « vivre le pluralisme syndical ». D’après un message envoyé par sa porte-parole à l’AFP, la Conf’attend « qu’elle fasse respecter les décisions de justice en matière d’eau », alors que quatre « bassines », dont celle de Sainte-Soline, ont été déclarées illégales.