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Gilles Fayard, DG d’Innov’Alliance : « Terralia Venture Innovation va financer davantage de start-up »

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Innov’Alliance, le nouveau nom du pôle de compétitivité Terralia-Pass centré sur l’alimentation, a mis en place depuis trois ans un fonds d’amorçage qui a déjà permis de financer 5 start-up du grand sud de la France (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur). Gilles Fayard, le directeur général d’Innov’Alliance, revient sur cette expérience originale qui permet de mobiliser différents acteurs de la finance régionale autour de très jeunes pousses en quête de fonds inférieurs à 300 000 euros. À l’avenir, le pôle de compétitivité entend faire grandir le fonds, attirer davantage de souscripteurs et accompagner plus de start-up. Le pôle vient de signer un accord avec la plateforme de financement participatif régionale Incit’Financement.

Pouvez-vous dresser un premier bilan des trois années de fonctionnement du fonds Terralia Venture Innovation ?

Nous avons été le premier pôle de compétitivité à lancer un fonds d’amorçage fin 2017. L’idée est d’accompagner les start-up de la foodtech, de l’agtech et de la winetech et désormais de la cosmetotech présentes dans nos régions. Et qui se positionnent sur les thématiques alimentation, bien-être et naturalité, qui correspondent aux tendances actuellement soutenues par le pôle. Depuis fin 2017, nous avons financé 5 entreprises de ces secteurs (Cosmoz, Le Petit Béret, MC2, Mo’Rice, Telaqua) sous forme de prise de participation à leur capital pour des montants compris en 75 000 et 100 000 euros à chaque opération. Au total, ce sont 450 000 euros qui ont pu être mobilisés à travers le fonds pour aider au démarrage de ces entreprises. À chaque fois, nous prenons une part minoritaire du capital comprise en 5 et 15 %.

Comment s’est déroulée la mise en place du fonds ?

Au départ, les choses ont pris un peu de temps car il fallait rassembler assez de capitaux pour être en mesure d’engager les premiers investissements. Sachant qu’il s’agit d’un fonds d’amorçage, les partenaires bancaires ou les fonds sont souvent frileux car ils estiment que c’est trop risqué. Surtout que notre fonds n’est pas obligé d’obtenir un agrément de l’Autorité des marchés financiers, ce qui peut freiner les investisseurs institutionnels. En revanche, notre fonds bénéficie aussi d’avantages : nous n’avons pas de gestionnaire et donc pas de frais de gestion. Ce qui est appréciable. Chaque euro souscrit est investi directement dans les entreprises

Qui sont les souscripteurs au fonds ?

Les fonds sont apportés par le pôle d’innovation Innov’Alliance, 6 chefs d’entreprise ou cadres dirigeants adhérents du pôle et surtout par la Banque Populaire Méditerranée qui représente la moitié du fonds. Mais pour préserver notre autonomie de décision, chaque actionnaire dispose d’une voix au comité d’investissement Nous ne sommes pas très nombreux, ce qui permet que les comités d’investissements puissent réunir tous les actionnaires.

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Quelles sont les attentes de start-up et que pouvez-vous leur apporter ?

Les sociétés qui viennent nous voir sont en moyenne en recherche d’environ 300 000 euros. Nous ne pouvons atteindre ce niveau seul, mais notre participation peut s’inscrire dans un plan de financement plus large qui peut inclure par exemple un apport de la BPI ou un prêt bancaire. Au-delà de l’apport financier, les souscripteurs accompagnent de façon opérationnelle les start-up. Chaque société est accompagnée par un référent en fonction de sa problématique : un lancement de produits en grande distribution, l’opportunité d’investir dans des moyens de production, etc.

Quelles sont les perspectives pour le fonds dans les prochaines années ?

Nous avons investi tous les fonds collectés et nous n’envisageons pas de sortir du capital d’une start-up à brève échéance. Et si c’était le cas, nous le ferions à l’occasion d’un second tour de levée de fonds et nous pourrions réinvestir les fonds récupérés dans des nouvelles opérations. Car le but est de suivre les sociétés et d’en sortir lorsque cela est vraiment positif pour elles. Nous travaillons actuellement sur un nouveau plan stratégique car le besoin de financement est là. Chaque année, par exemple, nous étudions une cinquantaine de dossiers. Seulement, le contexte après la crise du Covid-19 n’est pas favorable à l’investissement d’amorçage. L’idéal serait de pouvoir atteindre à terme un montant de 2 à 3 millions d’euros pour le fonds. Ce qui est sûr, c’est que nous allons financer davantage de start-up de nos territoires et sur toutes les filières du pôle Innov’Alliance.

En quoi consiste l’accord de partenariat qu’Innov’Alliance vient de signer avec Incit’Financement ?

Incit’Financement est une plateforme régionale de financement participatif public-privée. Notre partenariat consiste à mettre en place une plateforme fermée sur laquelle des projets repérés par les chargés de mission d’Innov’Alliance vont être proposés. Seuls les membres d’Innov’Alliance auront la possibilité de consulter ces dossiers et de souscrire à ces levées de fonds. C’est un moyen supplémentaire de se financer pour les start-up. Nous travaillons actuellement à rassembler une communauté de souscripteurs intéressés, ce qui devrait être finalisé en septembre prochain.