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Grâce à l’aéroponie, Tower Farm fait pousser des plantes médicinales exotiques

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Towerfarm a installé ses tours aéroponiques dans les Yvelines. Crédits : © Towerfarm

Le francilien Tower Farm s’est spécialisé dans les plantes tropicales pour la cosmétique qu’il obtient grâce aux tours aéroponiques livrées par l’israélien Growin. Ulé, la nouvelle marque de Shiseido dédiée à la cosmétique végétale, est l’un de ses clients.

Plutôt que des herbes aromatiques ou des salades, le francilien Tower Farm fait le choix de travailler en collaboration étroite avec l’industrie cosmétique, pharmaceutique et des compléments alimentaires. Car ces entreprises ont besoin de végétaux parfaitement indemnes de pollution ou de maladies, et seule l’agriculture en atmosphère contrôlée permet d’obtenir ce résultat. « La marque Ulé, créée par Sisheido, voulait des végétaux qu’elle puisse utiliser dans son entièreté, y compris la racine, et pas seulement pour en extraire des molécules d’intérêt, et seule l’aéroponie permet de parvenir à ce résultat », explique Gérard Farache, PDG et cofondateur de Tower Farm aux côtés de Charles Soufir (président et directeur financier) et Yishai Nissan (directeur technique). Pour Ulé, Tower Farm fait pousser trois plantes, centella asiatica, coléus et basilic tulsi, qui grandissent habituellement en zone tropicale.

« Nous avons proposé à Ulé des végétaux qui correspondaient à ses exigences de qualité et dont il était sûr qu’ils avaient été produits dans des conditions satisfaisantes d’un point de vue éthique », poursuit Gérard Farache, soulignant ainsi les nouvelles attentes des marques quant aux dimensions environnementales et éthiques des ingrédients qu’elles utilisent. Ulé se définit d’ailleurs comme la « nouvelle génération de soins nature-tech issus de notre ferme verticale ».

Pour faire pousser ces plantes, Tower Farm a noué un partenariat exclusif avec l’israélien Growin, qui met au point des tours aéroponiques, la société française jouant aussi un rôle dans l’amélioration de ses produits en tant que client industriel. Chaque tour permet de faire pousser les végétaux dont les racines sont pulvérisées d’un mélange d’eau et de nutriments. L’eau de ruissellement qui n’a pas été utilisée par la plante est récupérée, retraitée et réinjectée dans un circuit fermé. Et des lampes Led éclairent les plantes installées sur les tours rotatives.

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Dix tonnes de plantes médicinales par an

Les tours de Tower Farm peuvent peuvent produire environ 10 tonnes par an (chaque tour compte 400 plantes) au sein d’une site de 1000 m2. « En fonction de chaque plante, il est possible de réaliser entre 4 et 8 cycles par an, soit bien plus qu’avec la culture en pleine terre », souligne Gérard Farache. « Il faut savoir que la cosmétique utilise environ 1000 plantes différentes, il y a donc un potentiel très important à explorer pour ce secteur », poursuit-il. Outre Ulé, Tower Farm travaille avec 5 laboratoires cosmétiques, 4 français et un allemand, dont la collaboration devrait déboucher sur des productions régulières.

Tower Farm est installé à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines), au sein de l’incubateur dédié au végétal Station V, porté par les Fermes de Gally. Dix salariés y travaillent, dont trois agronomes chargés d’adapter les plantes à la culture en aéroponie. La société qui a réalisé un chiffre d’affaires de 500 K€ en 2022, est portée par ses actionnaires (trois opérationnels et un business angel), a obtenu plusieurs subventions de la Région Ile-de-France, France Active, BPI France et est éligible au crédit impôt recherche.