Forte de dix ans d'expérience dans la structuration de filière, l'association Graines Tradition Ouest élargit son action aux protéagineux. Elle vise 2 000 ha en lin, lupin et féverole dès la prochaine campagne. L'idée est d'assurer aux producteurs de nouveaux débouchés en réduisant la dépendance protéique.
Lin, féveroles ou lupins : Graines tradition Ouest (GTO) a annoncé le 16 janvier vouloir développer ces cultures en Bretagne et Pays de la Loire pour réduire la dépendance au soja importé et assurer aux producteurs de nouveaux débouchés. « Des défis importants sont à relever pour aller vers davantage d'autonomie en protéines », a expliqué son président Philippe Chuberre en conférence de presse à Rennes. L'association, qui abandonne du même coup l'ancien nom Lin tradition Ouest, s'efforce depuis dix ans de structurer la filière. Elle vise, dès la prochaine campagne, 2 000 ha emblavés en oléoprotéagineux, à savoir 1 200 ha de lin, 800 ha de lupin et féverole, pour environ 200 agriculteurs répartis dans les deux régions. « Avec ces cultures, on est sur une protéine locale, en circuit court, contrairement au soja », a-t-il souligné, relevant que, jusqu'à ces dernières années, les cours relativement bas du soja n'incitaient pas à rechercher des alternatives.
Des prix contractualisés
De telles productions, qui ont aussi un intérêt agronomique en permettant une réduction des intrants azotés et en apportant une diversité dans la rotation des cultures, sont également susceptibles d'assurer des « débouchés rémunérateurs » aux cultivateurs, assure GTO. Le prix est en effet fixé par contractualisation au sein de la filière, grâce à « un compromis, différent de la loi du marché », a relevé Philippe Chuberre. Un mode de fonctionnement lié à la structure même de l'association, qui réunit des semenciers (Lin 2000 et d'autres prévus en lupin, féverole et pois), des producteurs (800 ha de lin en 2012), des organismes stockeurs (Caliance, Garun-Paysanne, Céréos), un industriel (Valorial), avec aussi la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine comme partenaire associé.
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L'appui de la recherche
GTO, dont les initiatives sont soutenues par les institutions régionales de Bretagne et des Pays de la Loire, souhaite que la culture de ces protéagineuses soit enseignée dans les lycées agricoles, en complément du traditionnel blé/maïs. L'association veut agir en phase avec le programme « autonomie protéique » coordonné par le Pôle agronomique Ouest. Elle souhaite ainsi pouvoir alimenter et valoriser les travaux de recherche sur les cultures qui vont être réalisés à partir de fin 2014 par différents organismes (chambres d'agriculture de Bretagne, Arvalis, Vegenov, Inra...). Des synergies seront visées avec le plan de développement « agriculture écologiquement intensive » des chambres d'agriculture de Bretagne et Pays de la Loire, notamment en matière d'actions de communication et de portes ouvertes. GTO souhaire également créer des plateformes d'essai chez des agriculteurs « pilotes » et profiter de la recherche sur de nouvelles méthodes de transformation des protéagineux. Valorex mène en effet des travaux pour augmenter la teneur en protéines et la digestibilité du lupin et de la féverole. Une meilleure valorisation économique en est attendue.