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Grandes cultures : un marché européen appelé à se tasser d’ici 2030

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Entre des surfaces en baisse et une demande pour l’alimentation animale qui se tasse, tout comme la production de biocarburants, le marché européen des céréales ne devrait pas connaître d’évolution majeure au cours des dix prochaines années, estime la Commission européenne dans ses dernières perspectives.

Le ralentissement de la demande pour l’alimentation animale et la concurrence croissante sur les terres agricoles devraient limiter la production de grandes cultures et en particulier de céréales dans les dix prochaines années, prévoit la Commission européenne dans ses perspectives à l’horizon 2030 présentées le 17 décembre (1). Entre 2020 et 2030, face à concurrence foncière liée à l’extension des zones de forêts et de pâturages et à l’étalement urbain, une nouvelle réduction de 0,5 million d’hectares (Mha) de terres arables est prévue, ce qui portera le total à 161,2 Mha. La superficie forestière de l’UE augmente régulièrement depuis 2010 et devrait atteindre 161 Mha en 2030. De même, la superficie des prairies pourrait augmenter de 0,7 % pour s’établir à 50,5 Mha en 2030.

La surface consacrée aux céréales diminuerait donc de 2,8 % en dix ans pour atteindre 51 Mha principalement sous-tendue par une tendance à la baisse du blé (21 Mha de blé en baisse de 1,6 %) mais aussi de l’orge. Celles de maïs devraient, elles, augmenter dans l’ensemble de l’UE et pourraient atteindre 8,8 Mha. Les oléagineux devraient mieux résister que les céréales avec une superficie totale de l’UE en léger recul à 10,7 Mha (-0,4 %), en raison d’une baisse continue de la production de colza.

Stabilité de la production

L’amélioration des pratiques agricoles, la numérisation du secteur et la poursuite des activités de recherche et développement devraient favoriser la croissance des rendements ce qui permettra de stabiliser la production céréalière par rapport à sa moyenne pour 2018-2020 à 278,1 millions de tonnes (Mt) et d’augmenter légèrement la production d’oléagineux à 30,2 Mt en 2030 – avec 16 Mt de colza (-2,2 % par rapport à 2020), 10,6 Mt de tournesol (+6,6 %) et 3,5 Mt de soja (+26,9 %) en 2030.

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Côté sucre, les rendements plus élevés, associés à une légère augmentation des prix, devraient améliorer l’économie du secteur et contribuer à stabiliser la superficie de betteraves sucrières à plus de 1,4 Mha. La faible croissance des rendements devrait entraîner une légère augmentation de la production autour de 16,2 Mt en 2030.

Le marché intérieur, toujours tiré par la demande d’aliments pour animaux, devrait être affecté par la baisse de la production porcine et la réduction du cheptel. L’utilisation totale des aliments pourrait en effet diminuer de 0,8 Mt. Le marché des oléagineux devrait, lui, être stimulé par l’utilisation croissante d’huiles comestibles même si la consommation de tourteaux pour l’alimentation animale pourrait diminuer.

La baisse de la consommation de carburant aura aussi une incidence sur la demande de biocarburants : d’ici 2030 la demande de carburants conventionnels devrait connaître un recul de 19 % par rapport à 2020, entraînant une baisse pour le biodiesel de 10 % (le biodiesel à base d’huile de palme devrait être principalement affecté), alors que la demande de bioéthanol devrait rester de 8 % supérieure à son niveau de 2020.

(1) Voir n° 3771 du 21/12/2020