Quatre organisations rurales européennes – Copa-Cogeca (agriculteurs et coopératives), CEJA (jeunes agriculteurs), ELO (propriétaires) et FACE (chasseurs) – demandent une nouvelle fois, dans un communiqué commun du 17 mars, des mesures pour limiter l’impact des grands carnivores sur l’élevage de l’UE. Leur première revendication : la modification des annexes de la directive Habitats afin d’adapter le statut de protection des espèces dont la population est en croissance, principalement les loups et les ours. Les quatre organisations publient une carte de la présence des grands prédateurs et des dommages qui leur sont reprochés. « Dans de nombreux cas, l’interprétation juridique de la protection stricte empêche la mise en œuvre d’une gestion active de l’espèce, qui pourrait contribuer à réduire les graves conflits avec le bétail, les personnes et les paysages riches en biodiversité », écrivent-elles.
Elles souhaitent également plus de flexibilité pour gérer les conflits régionaux liés aux grands carnivores et de garantir une coexistence réussie. Et selon, elles, le financement des mesures de prévention et de compensation des attaques par des espèces protégées devra provenir de l’extérieur de la Pac déjà largement sollicitée.
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Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 21 mars à Bruxelles, ont eu lors de leur déjeuner un échange sur le sujet. Julien Denormandie a insisté à l’issue de la réunion sur la nécessité « d’une véritable cohabitation équilibrée entre les prédateurs bien sûr mais aussi les éleveurs ». Il a également indiqué la question de l’harmonisation des méthodologies (de comptage notamment) était essentielle « car si nous ne sommes pas d’accord sur le point de départ (le nombre) nous n’arriverons pas à nous mettre d’accord sur le point d’arrivée ». Cette question du comptage des grands carnivores, des loups surtout, est particulièrement sensible actuellement en France où les comptages de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage sont remis en cause.