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Green Deal : les organisations se préparent à l’après-élections européennes

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À l’approche du scrutin européen de juin, de nombreuses ONG se positionnent pour défendre l’héritage du Green Deal face au potentiel démantèlement des politiques environnementales de l’UE. De l’autre côté, le principal lobby agricole de l’UE espère transformer l’essai du récent changement de paradigme lié au départ de Frans Timmermans.

Alors que l’entrée en fonction, en 2019, de la Commission européenne menée par Ursula von der Leyen et son premier vice-président, Frans Timmermans, avait permis la mise en place du Green deal européen, de nombreuses ONG font le constat d’un important recul au cours des derniers mois. Dans une lettre ouverte publiée le 13 mai à l’approche des élections européennes de juin, une centaine d’entre elles – parmi lesquelles Greenpeace, Birdlife ou encore WWF – dénonce le démantèlement des politiques environnementales de l’UE. Elles soulignent que Bruxelles a ainsi récemment « assoupli les règles en matière de pollution pour les fermes industrielles », mais également « abandonné les projets de production alimentaire durable, les objectifs de réduction des pesticides et les efforts visant à garantir un approvisionnement en eau résilient ». Et de déplorer que l’exécutif européen souhaite maintenant « supprimer les normes environnementales de base pour les exploitations agricoles afin d’apaiser les lobbyistes de l’industrie ». Pour contrer ce déclin et ne pas accélérer « la crise de la nature et du climat », ces organisations exhortent les décideurs européens « à arrêter avant qu’il ne soit trop tard ».

Question de logiciel

Dans le même esprit, le Bureau européen de l’environnement (EEB), aussi signataire de la lettre ouverte, a publié le même jour, son pacte européen pour l’avenir qui se veut être une feuille de route à destination des décideurs politiques européens pour la future législature. Selon l’EEB, ce pacte a pour vocation de « combler les lacunes en complétant le pacte vert européen ». Pour ce faire, l’ONG souhaite notamment réviser la Pac en supprimant progressivement les paiements directs injustes et non ciblés, concevoir et lancer un ensemble de politiques pour des systèmes alimentaires durables ou encore mettre en œuvre un règlement sur l’utilisation durable des pesticides.

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Lire aussi : Green deal : le Copa-Cogeca salue le « changement de méthode »

Des positions aux antipodes de celles des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) qui se félicitent, elles, dans une tribune publiée le 8 mai, du « changement de paradigme » de la Commission européenne sur la fin de la législature. « Nous sommes aujourd’hui sortis de l’approche dogmatique et ‘top down’ de Farm to Fork pensée en début de mandat, pour aller vers une approche plus stratégique ces derniers mois », a indiqué sur le réseau social X Christiane Lambert, présidente du Copa. Le lobby agricole souhaite à présent maintenir ce nouveau logiciel au-delà des élections de juin. « De nombreux textes n’ont pas trouvé de conclusions sous ce mandat laissant un certain nombre de questions en suspens qu’il s’agisse des produits phytosanitaires ou du bien-être animal sur lesquels la prochaine Commission, le prochain Parlement auront à se positionner », prévient déjà Christiane Lambert.