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Green deal : risques de baisse de la production et de hausse des prix, selon Washington

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L’adoption par l’UE des stratégies de la « ferme à la table » et « biodiversité » provoquerait une chute de 12 % de la production européenne, estiment les États-Unis dans un rapport publié le 2 novembre. Ces changements se traduiraient à la fois par une hausse des prix et une baisse des échanges commerciaux, préviennent-ils.

« Dans le cadre des stratégies de la ferme à la table et biodiversité, les réductions de l’utilisation des terres, des antimicrobiens, des engrais et des pesticides, entraîneraient une baisse de 12 % de la production agricole européenne, en cas d’adoption unilatérale », s’alarme le département américain de recherche économique (ERS) dans son rapport relatif aux « Impacts de la réduction des intrants agricoles sur l’économie et la sécurité alimentaire » dans le cadre des stratégies « de la ferme à la table » et « biodiversité » du Pacte vert de l’UE, publié le 2 novembre. Mais si ces changements sont adoptés au niveau mondial, « la production agricole de l’UE diminuera de 7 % et la production alimentaire mondiale de 11 % », estime l’ERS.

Baisse de la production et hausse des prix

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La baisse de la production agricole entraînerait un resserrement de l’offre alimentaire dans l’UE, ce qui se traduirait par des hausses de prix qui auraient ensuite un impact sur le pouvoir d’achat des ménages européens, assure l’ERS. Et d’ajouter que « les augmentations des prix et des coûts alimentaires seraient les plus importantes pour la plupart des régions, dans le cas où les stratégies sont adoptées au niveau mondial ». Cette baisse de la production et du commerce, combinée à la hausse prévue des prix des denrées alimentaires de base, « réduirait sensiblement le produit intérieur brut (PIB) de l’UE, surtout si l’adoption se limite à l’UE », explique l’ERS. Dans ce cas, la baisse du PIB de l’UE représenterait 76 % de la baisse du PIB mondial. Toutefois, si les stratégies étaient adoptées en dehors de l’UE, la part de l’UE dans la baisse du PIB mondial tomberait à 49 % et à 12 % seulement si elles sont adoptées au niveau mondial.

Par ailleurs, « le déclin de la production dans l’UE et ailleurs entraînerait une réduction des échanges, même si certaines régions en profiteraient en fonction de l’évolution de la demande d’importations », explique le rapport. Tout en précisant que ce sont les populations qui souffrent le plus de l’insécurité alimentaire dans le monde qui pourraient pâtir de cette situation. Dans le cas d’une adoption unique par l’UE, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire augmenterait de 22 Mio de plus que prévu d’ici 2030, et de 185 Mio en cas d’adoption au niveau mondial.