Si les experts vétérinaires se montrent plus que prudents quant au véritable rôle joué par les porcs dans l’apparition du nouveau virus de la grippe A/H1N1, l’industrie s’est fortement mobilisée, de peur de voir s’effondrer la consommation, pour éliminer tout lien de parenté entre ses produits et la maladie. Tout au moins dans les médias. Et ce avec un certain succès. L’OIE puis la Commission européenne ont été les premières institutions sensibles au risque économique considérable lié à l’utilisation du terme de « grippe porcine ». Même si, du côté des Etats membres de l’UE, une majorité garde une préférence pour une appellation officielle faisant référence à l’origine animale du virus – « grippe porcine » ou « variant humain de la grippe porcine ». L’OMS a traîné les pieds, mais a finalement accepté de rebaptiser le virus, tout en précisant, dans le même temps, qu’il était nécessaire de procéder à un contrôle accru des élevages porcins. Il ne reste plus qu’à espérer que l’opération de lobbying efficace de la filière, qui a permis, semble-t-il, de limiter l’impact négatif de cette pandémie sur les ventes, ne s’achève pas par la mise en cause, en fin de compte, d’une entreprise du secteur. Ce que laissent pourtant entendre certains journaux nord-américains. Cette éventualité n’est pas écartée non plus par certains experts vétérinaires européens qui établissent à demi-mot un lien entre les deux foyers principaux et d’importants sites de production connus pour leur légèreté dans l’application des règles de biosécurité.
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