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Assurance Groupama demande à l’Etat plus d’engagements sur l’assurance récolte

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Prêts à développer de nouveaux outils dans le cadre de l’assurance récolte, voire chiffre d’affaires, Groupama ne veut pas s’engager sans davantage de garanties de la part de l’Etat. Il demande une pérennisation du soutien aux primes d’assurances et la mise en place d’un dispositif de réassurance publique.

«Nous devons construire un système assurantiel solide, fiable, équilibré, bien intégré dans le dispositif de la Pac », a indiqué François Schmitt, président de la commission agriculture et ruralité de la fédération nationale Groupama, en conférence de presse le 19 février à Paris. Pour ce faire, Groupama, aujourd’hui leader incontesté du marché des assurances récoltes dont il annonce détenir 90 %, veut que l’Etat s’engage davantage dans le dispositif. L’assureur mise notamment sur les dispositions qui pourraient être prises dans le cadre de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMAP), en discussion au Sénat à partir du mois de mai. Auditionnés mi-février par le sénateur Gérard César, rapporteur de cette loi, les dirigeants ont insisté sur deux points. Le premier : la pérennisation du taux de prise en charge des primes d’assurance. Dans le cadre du bilan de santé de la Pac, les subventions publiques augmentent dès cette année, grâce à un financement de 133 millions d’euros, aux trois quarts européen. Un décret paru au Journal officiel du 24 janvier confirme la prise en charge à 65 % par l’Etat de la prime d’assurance payée par l’agriculteur, sauf qu’il ne dit rien sur les années suivantes. Et surtout, « avec 133 millions d’euros, nous pouvons faire des progrès significatifs sur l’assurance récolte mais nous ne pourrons pas assurer tout le monde », a souligné François Schmitt. D’autant plus que les réassureurs ne sont pas au rendez-vous.

Pas plus de 500 millions d’euros de réassurance privée
La nécessité de mettre en place une réassurance publique a d’ailleurs constitué le second point mis en avant par l’assureur auprès de Gérard César. Pour développer le marché de l’assurance récolte, le groupe estime ses besoins en réassurance à un peu plus d’1 milliard. Or les réassureurs ne sont pas prêts à débloquer plus de 500 millions d’euros. « Si nous couvrions 70 % des cultures de vente, notre exposition en cas de risque majeur serait de 3 milliards d’euros », a précisé Stéphane Gin, directeur assurance agricole et risques professionnels de Groupama. Pour l’instant, l’article 10 du projet de LMAP précise « l’utilité » du « développement de la réassurance privée, et le cas échéant publique », mais uniquement dans le cadre de la création d’une assurance climatique sur les fourrages. Une disposition bien loin de suffire à Groupama. Stéphane Gin a d’ailleurs signalé que le groupe avait un produit « techniquement au point » pour ces cultures. Mais pas question pour lui de s’engager sur une expérience à blanc à grande échelle… Pas sans garantie de réassurance publique, en tout cas. Il faut dire que le risque à prendre est important : lors de la sécheresse de 2003, si les exploitants avaient souscrit un produit de ce type sur 70 % de leurs surfaces en fourrages, l’assureur aurait dû faire face à 800 millions d’euros de sinistres… Pour seulement 150 000 euros de primes. Groupama tient également en réserve deux projets d’assurances chiffre d’affaires, destinés à protéger l’agriculteur contre les variations de marge. L’un concerne le colza, l’autre le porc. Mais là encore, ils ne sortiront qu’une fois la situation sécurisée sur l’assurance climatique. Comme l’a souligné François Schmitt, « l’économie du système n’est pas finalisée ».

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