Après avoir grossi par croissance externe, le charcutier ardéchois Guèze Salaisons a décidé d’agrandir à présent deux de ses usines, afin de répondre à un important marché. Un plan d’investissement qui ne devrait pas être trop affecté par les impacts de la crise sanitaire.
La crise du coronavirus ne parvient pas à entamer totalement l’optimisme de Christophe Guèze. Ce fils et petit-fils de charcutier de village ardéchois – Vernoux-en-Vivarais – est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de 120 personnes réparties sur 4 sites. Guèze Salaisons a grossi au fil de trois opérations de croissance externe destinées à diversifier l’offre de produits de terroir : Chabert à Saint-Cécile-les-Vignes (Vaucluse) en 2008, Chazel à Saint-Just-d’Ardèche en 2010 et Salaisons Jacquemardes à Vuiz-en-Sallaz (Haute-Savoie) en 2018.
Mais ce n’est pas cette croissance qui a motivé le lancement, début 2020, d’un plan d’investissement que Christophe Guèze entend bien poursuivre par-delà la crise sanitaire. « Un grossiste parisien m’a sollicité pour un marché de 360 t/an, soit 4 M€, garanti au moins sur 4 à 5 ans, raconte le p.-d.g. Après consultation de mon comité de direction et de mes salariés, j’ai décidé de relever le défi en adaptant notre outil de production. » L’entreprise a ainsi prévu de dédier en partie son usine de Vernoux-en-Vivarais à ce marché et de transférer d’autres productions vers celle de Saint-Cécile-les-Vignes, ce qui nécessite de les agrandir toutes les deux.
Un investissement de 3 M€
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le chantier d’extension du site de Vernoux a commencé en février dernier et, malgré la crise, va s’achever, comme prévu, mi-juin. Il ajoute à cette usine de 6 000 m2 deux niveaux de 500 m2 : un atelier et un espace de stockage au froid en rez-de-chaussée, et des locaux sociaux en étage. L’extension de l’usine de Sainte-Cécile-les-Vignes, qui devait suivre, a été suspendue par le confinement. Elle vise à faire passer ce site de 1000 à 2500 m2, également en deux étages. « Nous envisageons à présent ce chantier pour septembre ou octobre, pour qu’il soit achevé en fin d’année, explique Christophe Guèze. La banque a accepté de suspendre le second prêt que nous avions souscrit ». L’investissement total, de 3 M€, a fait l’objet d’un premier prêt d’un peu moins de 2 M€.
Pour l’heure, Guèze Salaisons fait « le dos rond » pendant la crise : la production a été arrêtée à Sainte-Cécile-les-Vignes et à Vuiz-en-Sallaz, et massifiée dans les usines de Vernoux-en-Vivarais et Saint-Just-d’Ardèche. « Les premières semaines du confinement, nous avons fait moins 70 % en production, rapporte le p.-d.g. On a eu peur, mais à fin avril, cela s’est stabilisé entre -30 et -35 % ». Environ 70 % du personnel a été placé en chômage partiel.
Christophe Gueze reste pourtant serein : son chiffre d’affaires connaît en hausse régulière de 4 à 5 % par an et il devrait s’élever à 15 M€, pour l’exercice 2019/2020, qui s’est achevé le 30 avril. « Et depuis janvier, nous avions près de 16 % de croissance, grâce aux produits IGP, clean label, sans colorants, sans nitrates, etc. », assure le p.-d.g., également président de l’IGP jambon et saucisson de l’Ardèche. Guèze Salaisons vend aujourd’hui 2 000 références de saucissons, jambons et autres caillettes de trois gammes (« pivot », IGP et luxe), en commerces traditionnels, GMS, grossistes, et cuisines de collèges et lycées.