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Halte aux nématodes avec les acariens d’Evolutive Agronomy

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De gauche à droite : Antoine Pasquier, Nicolas Desneux et Lucie Monticelli et l'équipe d'Eva Crédits : © Evolutive Agronomy

Evolutive Agronomy s’est donnée pour mission l’élevage et le conditionnement d’acariens capables de lutter contre les nématodes, responsables de gros dégâts en maraîchages. La start-up assure en parallèle un service d’accompagnement auprès des agriculteurs afin d’optimiser l’utilisation de sa solution.

Lors de leurs travaux menés au sein d’Inrae, Lucie Monticelli et Antoine Pasquier, deux jeunes chercheurs, et Nicolas Desneux, directeur de recherche, ont identifié un acarien capable de combattre les nématodes responsables de gros dégâts en maraîchages, notamment sur les plants de solanacées et de cucurbitacées. Grâce à un transfert de licence d’Inrae pour valoriser cette solution de biocontrôle, les trois partenaires, aujourd’hui respectivement DG, président et conseiller scientifique toujours en poste à Inrae, ont alors fondé Evolutive Agronomy (Eva) en mai 2023.

La start-up s’est donnée pour mission l’élevage et le conditionnement de ces acariens, tout en mettant parallèlement en place un service d’accompagnement auprès des agriculteurs afin d’optimiser l’utilisation de sa solution. Toujours hébergé au sein d’Inrae Sophia-Antipolis, Eva profite de ces installations expérimentales pour la production de ses élevages, « une continuité entre la recherche académique et la recherche appliquée avec la création et l’hébergement d’entreprises qui est très utile », tient à souligner Antoine Pasquier.

Pour les cultures maraîchères

« Notre service d’accompagnement aux agriculteurs permet de prendre en compte les conditions agronomiques de chaque exploitation, et donc de personnaliser l’utilisation de notre produit pour l’adapter au mieux. A partir de différents paramètres, de température, d’humidité et d’un échantillon de sol, notre outil d’aide à la décision peut déterminer la quantité d’organismes dont l’exploitant a besoin et lui fournir les informations précises sur le moment d’implantation de notre solution à la surface du sol ou sur le paillage », détaille Antoine Pasquier. Les acariens d’Eva sont actuellement utilisés sur les cultures maraichères, essentiellement les tomates, les concombres, les melons ou encore les pastèques, mais aussi les plantes aromatiques, notamment basilic, tous ayant montré de très bons résultats. 

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Grâce à l’obtention de financement de 450 000 euros cette année, dont une partie de subventions et l’autre de prêts bancaires, « Eva poursuit l’amélioration des conditions d’élevage des acariens, qui comme tout organisme vivant nécessite de contrôler les conditions de température, humidité, alimentation, avec l’objectif de créer un pilote de production. La production actuelle nous permet de couvrir quelques hectares, sachant que quelques litres suffisent pour traiter un hectare, et l’année prochaine nous pourrons commencer la commercialisation directement auprès des maraichers avec lesquels nous avons testés nos produits ». 

Pour mettre sa production à l’échelle, Eva est à la recherche de financements supplémentaires. La start-up qui cherche 1 million d’euros, espère boucler cette opération courant 2025. « Nous devons continuer à accélérer l’industrialisation de la production des acariens afin de répondre à la demande. Nous devons également mettre en place notre service d’accompagnement. L’objectif est qu’il soit quasi-automatisé pour que les agriculteurs puissent à terme, gérer l’utilisation de notre solution de manière indépendante en fonction des données de leur exploitation, grâce à une application ».