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Producteurs de légumes Hervé Gaymard annonce des mesures d’urgence pour 71 M €

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Le ministre de l’Agriculture a annoncé le 7 octobre des mesures d’urgence, à hauteur de 71 M € pour les producteurs de légumes, réunis en congrès à Nantes. Il a promis des avancées pour le plus long terme, notamment sur les distorsions de concurrence avec les autres pays.

Très attendu par la FNPL (Fédération nationale des producteurs de légumes) à son congrès, Hervé Gaymard a annoncé une série de mesures destinées à soutenir la filière des fruits et légumes. Jusque là, les producteurs reprochaient au gouvernement de délaisser leurs dossiers.

Dix millions d’euros seront consacrés à des aides directes de trésorerie. Les DDAF (Directions départementales de l’agriculture et de la forêt) les répartiront selon la situation des exploitations, « en fonction des priorités établies en lien avec les professionnels ».

Une enveloppe exceptionnelle de 50 ME de prêts de consolidation à taux bonifiés (2,5%) permettra d’étaler sur cinq ans, à coût réduit, les échéances bancaires des producteurs en difficulté financière. Cette enveloppe permettra d’assurer « une année blanche » en matière de remboursement d’emprunt bancaire.

Un million d’euros seront utilisés pour la mise en place d’un étalement des cotisations à la MSA, avec possibilité, dans les cas les plus graves, d’une prise en charge partielle.

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A ces mesures conjoncturelles, s’ajouteront des crédits supplémentaires de l’Oniflhor (l’office des fruits et légumes et de l’horticulture), à hauteur de 10 ME, pour engager des actions « structurantes » (modernisation des serres, encouragement à l’intégration des producteurs non organisés à la politique de la filière, communication spécifique pour la gestion de marché).

Angélique Delahaye : « Ce n’est pas un point d’orgue »

Ces mesures n’ont pas suscité l’enthousiasme des producteurs. Mais elles n’ont pas suscité non plus de mouvements d’hostilité. Ils s’attendaient, avant la venue du ministre, à l’annonce de « mesurettes » qui éviteraient au gouvernement d’avoir à résoudre les nombreux problèmes de fond. Angélique Delahaye, présidente de la FNPL, a déclaré à l’issue de la prestation d’Hervé Gaymard, que ces mesures « ne sont pas un point d’orgue », ni un aboutissement, mais un « point de départ ». Loin de tomber dans l’écueil des propos lénifiants, comme l’a montré son discours sans complaisance aucune vis-à-vis du ministre, elle n’en considère pas moins que les rapports avec les pouvoirs publics sont moins distants qu’auparavant et plus constructifs. Elle est confiante dans la volonté réelle de la rue de Varenne de faire avancer les dossiers de fond, comme par exemple l’épineux problème des distorsions de coûts de main d’œuvre, l’inapplication des textes mettant fin aux fameux trois « r » (rabais, ristournes et remises, qui appauvrissent les producteurs de fruits et légumes de 150 ME ) et la laborieuse mise en place d’un système de gestion de crise, à Bruxelles, du fait de l’hostilité de plusieurs pays à ce projet.

Les distorsions de concurrence en procès

Hervé Gaymard a quant à lui cherché à montrer que si la situation est difficile pour le secteur, elle n’est pas bloquée. Répondant à une question sur la concurrence de la main d’œuvre étrangère, il a donné l’exemple des pistes de ski de sa région (Savoie), qui ont dû faire face à la concurrence de pays voisins employant des salariés étrangers à coûts très faibles. Les professionnels savoyards se sont organisés pour porter leur dossier à Bruxelles et ont obtenu gain de cause. Le dossier de la gestion de crise devrait aboutir « b ientôt à des propositions sur la table », à Bruxelles, a affirmé le ministre de l’Agriculture, précisant avoir « obtenu des assurances écrites de la Commission ».