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Hors Normes lève 1,5 million d'euros pour asseoir son expansion

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Moins d’un an après sa création, la start-up qui permet aux agriculteurs de vendre la part de leur production bio refusée dans la distribution traditionnelle parce que "moche" ou mal calibrée, vient de lever 1,5 million d’euros, auprès de fonds d’investissements et de spécialistes du e-commerce. Hors Normes veut se déployer autour de Paris et dans une grande ville de province, et aussi proposer très vite une offre en épicerie de produits soit mal conditionnés, soit avec des DLC courtes.

Créée en avril 2020 pour lutter contre le gaspillage alimentaire, Hors Normes vient de lever 1,5 million d’euros, dont 500 000 en dettes. Il s’agit de son premier tour de financement ouvert à des fonds d’investissement et de personnes physiques, parmi lesquels Stride VC, Kima Ventures, mais aussi Bertrand Jelensperger (co-fondateur de LaFourchette, cédée à TripAdvisor et devenue TheFork), ou encore Greg Bulckaert et Nathanael Berbessou, les fondateurs de Bodeca, le site de vin espagnol. « Le but de ce tour de table est de mixer l’apport de fonds, mais aussi d’expertises », souligne Sven Ripoche, en charge du marketing et des RH d’Hors Normes et co-fondateur avec Grégoire Carlier et Claire Laurent (ex-Deliveroo, LaFourchette et Flow & Co). Tous les trois restent majoritaires au capital après ce nouveau tour de table.

La mission d’Hors Normes vise à proposer aux producteurs, dont les fruits et légumes bio ont été refusés dans les circuits classiques de la grande distribution, de les vendre directement aux consommateurs, en passant par un site web dédié. « Soit nous contactons directement les producteurs, soit ils viennent à nous, pour qu’ils apportent leur production invendue qui est ensuite acheminée vers un entrepôt externalisé pour la préparation des paniers à destination du client final. » Ce système permet aux producteurs bio hexagonaux « de commercialiser la part « rejetée » de leur stock, soit 5 % en moyenne, en direct aux Franciliens aujourd’hui à des tarifs jusqu’à 40 % inférieurs à ceux des épiceries bio », explique Hors Normes. Et Grégoire Carlier, le CEO de rappeler que « 10 millions de tonnes de produits consommables sont dans notre pays gaspillés tout au long de la chaîne de valeur ».

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Prochaine offre de produits d’épicerie

La start-up se félicite d’avoir déjà convaincu plus de mille abonnés franciliens qui chaque semaine commandent un panier et se font livrer dans un point de vente, ou à leur domicile. Compte tenu des développements prévus et notamment de l’élargissement de la gamme vers des produits d’épicerie, Hors Normes a fait le choix d’internaliser la mise en panier. Les fonds levés doivent donc lui permettre de trouver son « propre entrepôt de l’ordre de 1000 à 1500 m2, autour de Rungis avec une zone froid, souligne Sven Ripoche. Ce développement vers l’épicerie reposera toujours sur le même principe de produits refusés par la distribution traditionnelle. La société s’appuiera également sur un cahier des charges précis avec en toile de fond une distribution raisonnée et respectueuse de l’environnement, qui est en cours de réalisation ». Outre l’épicerie, les trois autres points forts du développement futur d’Hors Normes (vingt salariés à la fin de l’année) reposent sur l’augmentation de son empreinte géographique autour de Paris, un déploiement dans une autre grande ville en France, (Lyon, Bordeaux et Marseille sont à l’étude) et à terme en Europe. La société doit également « monter en puissance sur la high-tech pour la gestion de sa clientèle et aussi se faire connaître auprès du plus grand nombre de consommateurs », précise encore le responsable.

« D’ici l’été prochain, on vise entre 4 000 et 5 000 clients, avec une implantation dans une grande ville en province et une à l’étranger », projette Sven Ripoche. Et les dirigeants, qui annoncent un chiffre d’affaires mensuel de 50 000 euros actuellement, comptent doubler ce chiffre d’ici janvier.

Des produits proposés à des tarifs jusqu’à 40 % inférieurs à ceux des épiceries Bio