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Humeos prêt à lancer une solution non intrusive pour visualiser la vie du sol en profondeur

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Une fois enterré, le capteur scanorhize prend des images de la taille de la vitre, un format A4 environ. Crédits : © Humeos

Grâce à un transfert de technologies, Humeos va développer le Scanorhize, un capteur souterrain non intrusif pour étudier la vie du sol en profondeur, mis au point par une équipe de chercheurs menée par Christophe Jourdan, chercheur au Cirad. 

Créée en août dernier par William Arditi et Louis Marot, Humeos est issue des travaux de recherche menés pendant 7 ans au sein de l’unité de recherche Eco&Sols (1) et portés par Christophe Jourdan au Cirad. Impliqué depuis de nombreuses années dans le système racine des cultures en milieu tropical ou tempéré, ce dernier a mis au point un capteur souterrain étanche, équipé de scanners optiques connectés, qui permet de visualiser la vie du sol en profondeur, et plus particulièrement les interactions entre les racines, les champignons et la faune, sans avoir besoin de creuser la terre. Cette solution non intrusive baptisée Scanorhize a d’ailleurs reçu le Prix de l’innovation pour le Pôle Agriculture, Environnement, Biodiversité par l’Université de Montpellier en juillet dernier.

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Un transfert de technologies réussi puisque la start-up détient une licence exclusive mondiale pour exploiter cette technologie développée en laboratoire. « La valeur ajoutée de notre solution Scanorhize, c’est l’image. Elle permet d’apporter un vrai plus à l’agriculteur, pour qui le fait de voir un ravageur en image est une preuve tangible pour mieux comprendre ce qui se passe dans le sol », détaille le cofondateur. Et pas besoin d’un flux constant d’images, « plusieurs acquisitions par jour suffisent à voir un ravageur se déplacer ou la structure d’une racine en évolution ». La preuve en est qu’au cours de ses recherches, Christophe Jourdan a été amené à travailler avec des propriétaires de truffières pour observer la formation d’une truffe sur les racines, ce qui n’avait encore jamais été observé auparavant.  

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Plus de 150 capteurs Scanorhize fabriqués en laboratoire sont déjà installés dans le monde. L’objectif d’Humeos vise à déployer plus largement cette solution. Dans un premier temps, « nous allons commercialiser cette solution auprès des expérimentateurs, tels que les chambres d’agriculture, les instituts techniques agricoles et toutes les organisations para-agricoles qui font de la recherche appliquée sur les liens entre les sols et les plantes, et ce que peut en tirer l’agriculteur », explique William Arditi. 

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Une offre dédiée aux agriculteurs

Ensuite, Humeos compte développer un nouveau capteur et une nouvelle offre à l’adresse des agriculteurs directement. Il s’agira « d’une sorte de station météo du sol, selon William Arditi, qui donnera des indications aux utilisateurs en fonction de leurs besoins. Nous sommes en cours de tests et de prototypages d’une nouvelle solution pour une commercialisation en 2027 ». Les clients achèteront le capteur, comme ils achèteraient une station météo avec un abonnement Saas de services en ligne. « L’IA fait déjà de l’analyse, elle reconnait les racines, la faune et nous travaillons sur l’IA conseil pour arriver à un algorithme qui prendra en compte la totalité de la donnée de contexte et du capteur pour divulguer un conseil clé en main », détaille William Arditi.

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Initialement soutenu par Bpifrance et la Satt AxLR, l’organisme de transfert de technologies, Humeos cherche des soutiens financiers non dilutifs (Bpi, banques, Satt et prêts d’honneur notamment), qui devraient lui permettre de récolter environ 500 000 euros. « Ces fonds nous permettront de structurer la start-up avant une levée de fonds plus conséquente, courant 2026 », précise William Arditi.

Humeos test plusieurs axes de développement. Le premier s’intéresse à la structure du sol et notamment la compaction liée au machinisme, pour l’éviter et apporter des solutions concrètes. Le deuxième axe porte sur « les attaques de ravageurs et de champignons qui démarrent dans le sol et que nous sommes capables de voir très tôt grâce au Scanorhize et donc de les prévenir, évitant ainsi le recours à de fortes doses de pesticide », explique William Arditi.