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Production agricole mondiale Il faut mieux gérer la ressource alimentaire, plutôt que la doubler, selon l’AFD

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Il n’est pas indispensable de doubler la production agricole mondiale à l’horizon de 2050, si l’on sait mieux la gérer, a indiqué Pierre Jacquet, chef économiste de l’Agence française de développement (AFD), le 20 mars. Il s’exprimait ainsi lors de la présentation de l’édition annuelle du livre Regards sur la terre, qui a pour thème cette année l’agriculture.

«Un doublement de la production agricole mondiale à l’horizon de 2050 ne serait pas indispensable. Une augmentation de la production mondiale de 70% suffirait, selon la FAO », de 2005 à 2050, a expliqué Pierre Jacquet, à l’encontre du doublement préconisé par les professionnels agricoles, notamment français. Le Cirad a même avancé qu’une augmentation de 30% suffirait, car selon lui c’est la gestion de la ressource alimentaire qui importe, autant que sa production, a-t-il expliqué, ajoutant que « là où il faut doubler la production, c’est dans les pays en développement ».

Aborder la surconsommation dans les pays riches et l’élevage dans les pays pauvres
La gestion de la ressource alimentaire dépend beaucoup de la façon dont les pays industrialisés sauront réduire leur suralimentation et le gaspillage alimentaire, notamment par une réduction des rations quotidiennes de viande, a expliqué Laurence Tubiana, directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Sébastien Treyer, directeur des programmes à l’Iddri, estime qu’à propos de la gestion de la ressource alimentaire, on parle beaucoup de la gestion de l’offre (la nécessaire augmentation de la production), mais peu de la gestion de la demande, « encore taboue ». Or, aborder la gestion de la demande suppose que l’on aborde des sujets complexes comme la question de la transition alimentaire des pays industrialisés vers un mode de consommation plus sobre, et l’orientation des pays en développement vers plus d’élevage, mais avec quels indices de consommation du bétail et avec quels types d’animaux ? La question reste en débat, a précisé Sébastien Treyer. Il est certain que le type d’animaux retenus aura aussi des conséquences sur l’effet de serre, a fait remarquer Pierre Jacquet.
Les auteurs ont insisté sur le message spécifique de cette édition 2012 : la nécessité d’investir davantage dans l’agriculture dans le monde « dès maintenant, car il faut se donner un temps de précaution », a souligné Laurence Tubiana en préambule. Et pour cela, il faut que l’innovation soit davantage confiée aux agriculteurs, a précisé Sébastien Treyer.
L’ouvrage Regards sur la terre 2012 comporte 355 pages, dont 230 pages du dossier : « Développement, alimentation, environnement : changer l’agriculture ? ». Il est disponible chez Armand Colin au prix de 25,40 euros TTC.

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