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Michel Barnier « Il y a des interrogations sur le financement de l’assurance récolte »

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Plus de 5 000 personnes ont participé aux sessions extraordinaires des chambres d’agriculture organisées à la demande de Michel Barnier, a-t-il expliqué le 27 février lors de sa communication en conseil des ministres. Il revient sur les principaux enseignements de cet exercice pour Agra presse. S’il existe un large consensus sur la nécessité d’anticiper l’échéance de 2013 au regard des consultations de terrain engagées par le ministre, les avis sont plus partagés sur le financement d’un dispositif assurantiel dans le cadre du premier pilier. Par ailleurs, les départements se sont montrés très réservés sur l’abandon de tout lien entre la production et les aides animales ainsi que sur une aide uniforme à l’hectare.

Vous avez, lors du conseil des ministres du mercredi 27 février, présenté une communication sur le bilan de la consultation que vous avez engagée dans les départements fin janvier, quels enseignements en tirez-vous ?

Tout d’abord, cette démarche a été un succès : plus de 5000 personnes ont participé aux sessions extraordinaires organisées à ma demande par les chambres d’agriculture en étroite collaboration avec mes services déconcentrés et ouvertes aux parlementaires, élus locaux, représentants des consommateurs et des associations de protection de la nature. Je voudrais remercier les uns et les autres pour leur réactivité. Au-delà de cette mobilisation, à l’issue de la remontée des informations que m’ont transmises les préfets, je retire 3 enseignements : le débat, sans polémique, a suscité l’intérêt, l’initiative a été vue comme la manifestation concrète de la volonté des autorités françaises de retrouver un rôle majeur sur la scène communautaire la démarche a créé une attente qui nous donne l’obligation de ne pas décevoir.

Vous aviez mis en débat, sur la base des orientations que le CSO avait dégagées, des options, comment ont-elles été reçues ?

Il existe, à quelques rares exceptions, une quasi-unanimité pour anticiper 2013 et ne pas attendre en 2008. La stratégie, que le président de la République a confirmée au Salon de l’agriculture pour la présidence française, a été ainsi largement approuvée. Les attentes sont très fortes sur la mise en place de mécanismes de stabilisation des marchés face à la plus grande volatilité des prix, sur la simplification des règles de la conditionnalité, sur l’aboutissement du mémorandum sur le droit de la concurrence pour consolider les interventions des filières. La très grande majorité des départements plaide pour une réorientation des aides du premier pilier sur les productions fragilisées et se retrouve sur les priorités que j’ai proposées : secteur ovin, production laitière en montagne, voire dans les zones à faible densité laitière, protéines végétales, agriculture biologique. Un large consensus existe également pour doter les hectares de fruits et légumes d’aides à l’hectare. Par contre, les positions sont plutôt réservées sur les hectares en vigne. Sur la couverture des risques climatiques par le développement de l’assurance, les interrogations portent, avant tout, sur le financement dans le cadre du premier pilier.

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Avez-vous senti des réserves fortes sur certaines propositions ?

Les départements sont très réservés sur l’abandon de tout lien entre la production et les aides animales ainsi que sur une aide uniforme à l’hectare. Quant à l’instauration d’une politique de l’herbe dans le premier pilier, elle est attendue dans plusieurs départements au nom du rééquilibrage du soutien et rejetée dans d’autres en raison de son coût.

Cette consultation sert-elle votre stratégie à Bruxelles ?

Oui, sans réserve, par sa méthode et parce qu’elle montre que les agriculteurs français ne sont pas sur la défensive, ils souhaitent préparer l’avenir. Elle me renforce dans ma double conviction : nous devons redonner du sens à notre politique agricole, et nous devons lui redonner de la légitimité en réduisant les écarts de soutien entre agriculteurs, entre productions et entre territoires. Je vais poursuivre la concertation avec la profession agricole. Nous avons encore quelques semaines devant nous.