Un an après sa mise en œuvre, la Commission européenne se félicite du juste équilibre obtenu avec la révision de l’accord commercial avec l’Ukraine, notamment pour les produits sensibles. Une occasion pour elle d’appeler à nouveau à la levée des mesures unilatérales des pays limitrophes.
À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du 4 novembre, la Commission européenne s’est félicitée de la mise en œuvre de l’accord commercial révisé avec l’Ukraine, en place depuis octobre 2025. Après une année d’application, Bruxelles estime que cet accord a permis d’atteindre le juste équilibre entre le soutien à l’Ukraine et la protection des agriculteurs de l’UE. En guise d’exemple, l’exécutif européen indique que le quota de sucre est passé de 20 000 à 100 000 tonnes (contre un pic de 500 000 tonnes avec les mesures commerciales autonomes) et que l’UE a importé 80 000 tonnes début de l’année et devrait ne pas dépasser le volume du contingent. Même constat pour le blé, l’UE ayant importé 750 000 tonnes de blé tendre depuis le début de 2026 et s’attendant à ce que le quota soit entièrement utilisé. « Il est clair que depuis l’entrée en vigueur du DCFTA révisé, pour ce qui est des produits les plus sensibles, notamment le blé et le sucre, les importations ont diminué de manière très substantielle et sont conformes aux contingents tarifaires que nous avons négociés », a ainsi indiqué Léon Delvaux de la DG Trade. Il souligne, en outre, que les exportations agroalimentaires de l’UE vers l’Ukraine ont atteint 4,3 milliards d’euros en 2025 (hausse de près de 20 % par rapport à 2024), portées par la viande porcine et les produits laitiers.
Points de vigilance
Néanmoins, l’exécutif européen fait part de préoccupations quant au respect par l’Ukraine de certaines normes de production de l’UE (bien-être animal, médicaments vétérinaires, additifs pour l’alimentation animale et produits phytopharmaceutiques) d’ici fin 2028. Kiev pourrait rencontrer des difficultés à se conformer aux délais concernant la protection des plantes et les normes de pollution de l’eau. Bruxelles précise bien qu’il ne s’agit pas d’une question de normes sanitaires et phytosanitaires. « Bien sûr, l’UE ne négocie pas les normes sanitaires et phytosanitaires », assure Léon Delvaux. Et d’ajouter : « Nous avons nos propres normes SPS autonomes que nous mettons en œuvre, contrôlons et surveillons. »
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Au-delà de ces questions, la Commission européenne considère que les effets positifs de la mise en œuvre de cet accord révisé doivent s’accompagner de la levée des interdictions nationales d’importation, notamment dans les pays limitrophes de l’Ukraine. « Elles fragmentent le marché unique et elles ont un impact négatif sur la prévisibilité et la stabilité de notre DCFTA (accord de libre-échange complet et approfondi, N.D.L.R) révisé », précise Léon Delvaux. Mais plusieurs eurodéputés d’extrême droite issus de ces États membres, comme la Hongroise Eniko Gyori (Patriotes) et le Slovaque Branitslav Ondrus (non inscrit), considèrent ces mesures justifiées au regard des demandes et préoccupations des agriculteurs locaux.