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Importations ukrainiennes : l’accord entre Bruxelles et Kiev divise les États membres

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La révision de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine suscite de vives inquiétudes agricoles à l’Est dans les pays limitrophes. À l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE du 14 juillet, la Hongrie – au nom de la Bulgarie, la Pologne, la Slovaquie et de la Roumanie – a ainsi présenté une déclaration conjointe en ce sens. Pour le ministre hongrois, Istvan Nagy, ce texte a été conclu dans le dos des États membres. Et d’ajouter qu’il placerait les agriculteurs européens dans une situation de désavantage absolu. Ces États membres plaident pour un retour aux volumes des contingents tarifaires d’avant-guerre et la création d’un fonds de compensation. « Nous devons veiller à ce qu’il n’entre pas en vigueur sous sa forme actuelle », a-t-il conclu. A contrario, plusieurs délégations (la France, l’Allemagne, la Lituanie, la Finlande, l’Estonie, l’Autriche, la Suède et la Lettonie) ont salué la conclusion d’un accord qui était attendu depuis longtemps. Paris se félicite notamment de l’alignement progressif de l’Ukraine sur les normes de production de l’UE, de l’inclusion d’une clause de sauvegarde robuste et du traitement réservé à certains secteurs agricoles sensibles.

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De son côté, le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen a tenté de rassurer les ministres, considérant qu’il s’agit d’un accord équilibré entre le soutien à l’Ukraine et la protection des agriculteurs européens. Il a également affirmé que les nouveaux volumes accordés à l’Ukraine pour les produits sensibles sont bien en deçà des pics d’importations observés au cours de la période des mesures commerciales autonomes. Pour le blé, par exemple, l’exécutif européen avance que le nouveau quota représente une baisse de 80 % par rapport au pic d’importation. Des divergences de vues entre États membres qui ont fait dire au ministre danois, sur le ton de l’humour, que Bruxelles était finalement parvenue un bon compromis.