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Influenza : aides économiques 2024 annoncées, pression pour 2025

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Peu après l’annonce des indemnisations économiques pour la campagne 2024 d’influenza aviaire, la FDSEA et les JA de Vendée ont lancé un ultimatum pour de nouvelles aides, concernant l’épizootie en cours.

La ministre de l’Agriculture a annoncé le 17 novembre une « aide économique aux éleveurs de volailles affectés par l’épizootie d’influenza aviaire » lors de la campagne 2024-2025, dotée d’un « budget maximal de 4 M€ ». Ces indemnisations économiques visent à « compenser les pertes liées à l’arrêt de production dans les exploitations situées en zones réglementées, en raison des interdictions de mise en place et de mouvements de volailles », rappelle le ministère dans un communiqué. Cette aide ne concerne donc pas les élevages foyers, qui perçoivent des indemnisations sanitaires visant à compenser les abattages sur ordre de l’administration. Concernant les indemnisations économiques, les pertes « seront indemnisées à hauteur de 90 %. Les éleveurs pourront déposer « prochainement » leur demande sur le site de FranceAgriMer (la page n’était pas encore disponible à l’heure où ces lignes sont écrites). Lors de la campagne 2024-2025 (du 1er août 2024 au 31 juillet 2025), la France a connu quinze foyers d’influenza aviaire, chacun étant entouré d’une zone réglementée de 10 km.

« Situation sanitaire extrêmement préoccupante »

Peu après cette annonce, la FDSEA et les JA de Vendée ont estimé que « les éleveurs ne peuvent pas attendre un an avant l’ouverture effective d’un dispositif d’indemnisation ». Les syndicats faisaient référence à la campagne actuelle (2025-2026), démarrée le 1er août. Dans un communiqué du 18 novembre, la FDSEA lance un « ultimatum » à Annie Genevard afin qu’elle débloque des indemnisations économiques pour l’épizootie en cours. Et les syndicats majoritaires de menacer : « Si aucune proposition concrète n’est annoncée d’ici fin novembre, les éleveurs sauront lui faire savoir leur mécontentement. »

Dans leur communiqué, la FDSEA et les JA rappellent la « situation sanitaire extrêmement préoccupante en France et tout particulièrement en Vendée ». Selon le dernier bilan du ministère au 17 novembre, l’Hexagone comptait 27 foyers en élevage, soit déjà presque le double de la totalité de la campagne 2024-2025. Très dense en élevages avicoles, la Vendée est la plus touchée, avec 11 foyers. Le département a connu ces derniers jours « une augmentation rapide du nombre de cas », rappelle la FDSEA. En tout, une dizaine de départements sont touchés.

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La maladie a aussi récemment atteint la Dordogne, autre bassin avicole important. Le 13 novembre, la chambre départementale d’agriculture y a annoncé qu’un foyer avait été confirmé le même jour dans un élevage de « plus de 10 000 canards » à Vergt, touchant ce département pour la première fois de l’année. « La détection du virus a été établie après des prélèvements effectués dans le cadre de la surveillance active de la vaccination », a-t-elle indiqué. « Avec ce premier élevage contaminé et compte tenu des vols migratoires actuels, la plus grande prudence est nécessaire. Il en est de la responsabilité de chaque acteur de la filière avicole de limiter les mouvements et interventions en élevage, et de respecter les mesures de biosécurité », recommande-t-elle sur sa page Facebook. Depuis le 22 octobre, la France est placée en risque élevé d’influenza aviaire, le plus haut échelon, qui entraîne notamment le confinement de volailles.

Cette année, « chez les volailles, la circulation de virus IAHP est précoce », note la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin hebdomadaire. Les détections en élevage « sont maintenant à un niveau élevé, notamment en France et dans les pays limitrophes ». Outre les foyers en élevages, l’Hexagone dénombre huit cas en basses-cours et, surtout, « plus 170 événements de mortalité » en faune sauvage, selon le ministère, particulièrement dans les régions Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté. Le risque de contamination par la faune sauvage est élevé, en raison d’une « introduction massive » des virus influenza, notamment « par l’intermédiaire des migrations de grues cendrées », prévient la plateforme ESA.

SC, YG

4 M€ d’indemnisations économiques pour la campagne 2024-2025

Pour la FDSEA, « les éleveurs ne peuvent pas attendre un an » avant les aides