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Influenza : avant les indemnisations, l’aide publique et privée s’organise

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Région des Pays de la Loire, Terrena, MSA : plusieurs organisations ont débloqué des aides la semaine dernière, avant l’arrivée des indemnisations publiques pour compenser les pertes causées par l’influenza aviaire.

Alors que l’Ouest est frappé un violent épisode d’influenza aviaire, le groupe coopératif Terrena mobilise 15 M€ pour « soutenir la trésorerie de 880 producteurs de volailles et d’œufs », a-t-il annoncé dans un communiqué le 4 avril. Deux dispositifs sont prévus : un « report des échéances de factures d’aliment, poussins et poulettes pour les éleveurs ayant vu leurs lots non commercialisés depuis le 1er mars », puis un « soutien au revenu pour la période d’inactivité à venir ». Ces aides doivent permettre aux éleveurs « d’avoir le temps nécessaire pour actionner des financements de plus longue durée » auprès des banques.

Plus de 5 M€ de la Région Pays de la Loire

De son côté, le Conseil régional des Pays de la Loire a annoncé, dans un communiqué du 1er avril, le déblocage de plus de 5 M€ d’aides d’urgence « au profit des exploitations et des entreprises » frappées par un violent épisode d’influenza aviaire. Ce plan comprend trois mesures, dont les deux premières sont « déjà activées » : 5 M€ pour financer des prêts à taux zéro, d’un montant « compris entre 10 000 et 75 000 € », et une garantie allant « jusqu’à 70 % du montant des prêts contractés auprès des banques (dans la limite de 1,5 M€), portée conjointement avec BPI France ». Le troisième dispositif regroupe deux enveloppes de 250 000 €, qui seront « prochainement disponibles » (financement de l’expérimentation de la vaccination, couverture des intérêts des emprunts à court terme).

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Dans un communiqué du 6 avril, la MSA annonce également la mise en place d’un « accompagnement économique » pour les éleveurs affectés par la maladie, via des « prises en charge des cotisations ». « Une enveloppe financière nationale de 7 M€ a été débloquée, pour soutenir les éleveurs dans les départements touchés par les foyers d’infection », précise la Sécu' agricole. La MSA insiste également sur l’accompagnement social et psychologique « de proximité », au travers de « réunions d’échanges entre les éleveurs et les travailleurs sociaux et infirmiers de la MSA » ou grâce à des numéros uniques mis en place dans l’Ouest et le Sud-Ouest.

Demandes des interprofessions

Publics comme privés, ces dispositifs d’aide interviennent avant les habituelles indemnisations versées par l’État. Celles-ci sont de deux ordres : les plus rapides sont les indemnisations sanitaires, qui visent à compenser la perte de valeur marchande des animaux abattus dans les élevages foyers d’influenza ou dans le cadre des dépeuplements préventifs. Pour la seule Vendée – le département le plus touché cette année, avec 514 cas au 6 avril –, elles représentent « entre 50 et 60 millions d’euros », a annoncé la préfecture aux professionnels le 31 mars. Deuxième étage de la fusée : les indemnisations pour pertes économiques, qui visent à compenser le manque à gagner dû aux vides sanitaires allongés. Des aides qui interviennent plus tard et représentent une enveloppe beaucoup plus conséquente.

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Dans un communiqué paru le 6 avril, les trois interprofessions avicoles (CNPO, Cifog, Anvol) demandent des changements dans l’accompagnement public des filières touchées. Elles réclament « deux mesures d’urgence ». D’une part, une « adaptation des dispositifs d’indemnisation des éleveurs et des entreprises », constatant que « les plafonds d’attribution de l’indemnisation, son intensité, le taux de spécialisation minimum exigé, ou la durée d’une prise en charge des pertes à taux plein pour les élevages sont des éléments qui font obstacle à des indemnisations à la hauteur du préjudice ».

Maintenir les emplois

La seconde mesure demandée par les filières avicoles est le « renforcement du financement de l’activité partielle », considérant que le dispositif de droit commun est « totalement inadapté à la situation ». Les interprofessions mettent en avant que le « taux de prise en charge par l’État trop faible ne permettra pas de maintenir les emplois dans les entreprises concernées » et que la négociation d’un accord de branche pour activer ce dispositif « n’a, à ce jour, pas abouti ».

Une demande appuyée par la présidente de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais, qui « réitère auprès du gouvernement sa demande de reconnaissance du chômage de longue durée » pour les salariés des entreprises touchées. « Maintenir les emplois dans la filière est une priorité absolue », insiste-t-elle. Comme l’explique Joël Limouzin, président de la chambre départementale d’agriculture, « la Vendée est en situation de plein-emploi, les salariés [mis au chômage technique dans la filière avicole] peuvent retrouver du travail ailleurs. »

La MSA débloque 7 M€ de prises en charges de cotisations

En Vendée, 50 à 60 M€ d’indemnisations sanitaires à venir