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Influenza aviaire : S. Le Foll accélère les abattages dans les Landes

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Le ministère de l’Agriculture a étendu les zones concernées par l’abattage préventif dans les Landes et interdit les remises en places dans ce même département et le nord des Pyrénées-Atlantiques. Le ministère prévoit une remise en production des palmipèdes « d’ici la fin mai » dans la grande zone réglementée du Gers, des Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées. L’APCA et le Cifog demandaient des mesures de plus grande ampleur.

Après sa visite à Mont-de-Marsan dans les Landes le 21 février, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé, par un communiqué, une accélération de la stratégie d’éradication du virus de l’influenza aviaire dans le Sud-Ouest, sur la base d’un avis de l’Anses, et comme demandé par l’interprofession du foie gras (Cifog). Pour ce faire, le ministre a annoncé deux changements : d’abord « l’extension de l’abattage préventif des palmipèdes élevés en plein air dans un périmètre élargi à 10 km autour des foyers dans les zones instables contre 3 précédemment ». De ce fait, la zone d’abattage préventif des canards et des oies a été étendue à 93 communes supplémentaires, principalement dans les Landes, selon un arrêté publié le 22 février au Journal officiel. Le ministre a également annoncé l’interdiction « des remises en place et des mouvements de palmipèdes sur l’ensemble du département des Landes et le nord des Pyrénées-Atlantiques ». Un vide sanitaire devra ensuite être réalisé dans la grande zone réglementée du Gers, des Landes, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées, où la remise en production des palmipèdes pourrait intervenir « d’ici la fin mai ».

360 000 palmipèdes devront ainsi être abattus à titre préventif, annonce le ministère. Avec l’arrêt de la production étendue à tout le département des Landes, près de 50 % de la production française de foie gras seront à l’arrêt, selon l’interprofession (Cifog), qui aurait aimé « une mesure plus drastique ». De même, l’APCA aurait souhaité étendre l’abattage préventif « à l’ensemble du bassin de l’Adour ». Le ministère avait déjà modifié sa stratégie de lutte le 1er février ; ce n’était plus l’ensemble des palmipèdes de la zone qui étaient abattus dans la zone dite d’abattage préventif, mais les volailles situées à moins d’un km des foyers, et les palmipèdes en extérieur situés dans les villes et villages à moins de 3 km du foyer.

Le ministère précise le calendrier des indemnisations

Dans un communiqué le 21 février, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a indiqué que les premières indemnisations des éleveurs dont les animaux ont été abattus « interviendront à partir du mois de mars ». Pour les éleveurs et sélectionneurs-accouveurs ayant dû stopper leur production, « des dispositifs d’appui » seront mis en place « rapidement », avec un objectif « de procéder aux premiers versements au printemps, après notification à la Commission européenne ». Concernant les opérateurs de l’aval de la filière (abatteurs, transformateurs,…), le ministère annonce « qu’un dispositif d’avances remboursables sera rapidement mis en place sous l’égide de FranceAgriMer afin de soutenir la trésorerie des entreprises, en complément des dispositifs d’ores et déjà mobilisables (activité partielle, remises gracieuses et reports de charges sociales et fiscales, préfinancement du CICE,…) ».

Le même jour, dans un communiqué, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a demandé à l’État « de débloquer rapidement les indemnisations et les moyens financiers suffisants » pour « éviter la faillite » des exploitations avicoles concernées par l’abattage préventif. Le lendemain, le Cifog a demandé « des avances pour les couvoirs sinistrés de la zone et pour les producteurs dont les exploitations sont à l'arrêt du fait de leur localisation dans les zones réglementées ». L’interprofession alerte également sur le fait que les entreprises (abattoirs et ateliers de transformation) ne bénéficient toujours pas du plan d’accompagnement du précédent épisode H5N1.

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La Conf' opposée à l’extension de l’abattage dans les Landes

Dans un communiqué le 21 février, la Confédération paysanne dénonce l’accélération de l’abattage dans les Landes, pour lutter contre la dissémination du virus de l’influenza aviaire. « Pas plus aujourd’hui qu’hier, ces mesures d’abattage préventif ne réussiront à éteindre l’incendie qu’a allumé cette filière hyper-segmentée », prévoit le syndicat. La Confédération plaide pour « une gestion au plus près des foyers, visant en priorité les élevages dont la contamination est établie et épargnant les élevages autarciques », mais également pour « limiter les transports d’animaux vivants, cause structurelle de la diffusion du virus ! »

FranceAgriMer a défini les modalités d’indemnisation

Suite à l’abattage préventif de volailles pour endiguer l’épizootie d’influenza aviaire, une décision de FranceAgriMer, datée du 15 février, vient préciser les conditions de « mise en œuvre de l’indemnisation pour les éleveurs de volaille calculée sur la base d’un barème correspondant à la valeur marchande objective des animaux abattus ». Cette valeur dépend de l’espèce, du mode d’élevage, du nombre de jours d’élevage, et du nombre d’animaux. À titre d’exemple, la note indique que l’indemnisation pour « 100 canards prêts à gaver abattus au 15e jour d’élevage » est de 364,80 €. Cependant, « le montant minimum de l’indemnisation est fixé à 500 € » et seuls les animaux abattus « à partir du 4 janvier 2017 » sont concernés. Les dossiers de demande doivent être déposés en DDT au plus tard le 31 mars, qui elles-mêmes les transmettront à FranceAgriMer avant le 29 avril.

Influenza aviaire : battue en Lot-et-Garonne pour tuer des tourterelles contaminées

La préfecture du Lot-et-Garonne a ordonné une « battue administrative à la tourterelle », programmée pour le 23 février sur la commune de Fals, afin d’éviter la propagation du virus de l’influenza aviaire H5N8, a-t-on appris de sources concordantes. Des tourterelles turques (espèce d’oiseau sédentaire dont le nom scientifique est Streptopelia decaocto) « ont manifesté des signes cliniques d’infection à l’influenza aviaire H5N8, confirmée aux analyses », a précisé la préfète du Lot-et-Garonne, Patricia Willaert, interrogée sur France 3 Nouvelle-Aquitaine. Les volatiles sont regroupés « à plusieurs centaines au même endroit (sur la commune de Fals), il y a donc un intérêt sanitaire à organiser une battue pour éviter que le virus ne se dissémine alentour », a souligné la préfète. Les premiers cas suspects sur des tourterelles ont été détectés fin janvier par les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Depuis lors, ils ont constaté chaque semaine le décès d’une vingtaine de ces tourterelles.