Déjà dévastée au printemps 2022, la génétique avicole des Pays de la Loire subit une deuxième crise sanitaire, laissant craindre une poursuite de la pénurie en canetons.
Selon Yann Le Pottier, d.g. du sélectionneur avicole Grimaud frères, « au moins 50 % des canes reproductrices sont touchées par le virus » de l’influenza aviaire dans l’Ouest, nous apprend Réussir Volailles le 19 décembre (article payant). Une « hécatombe » qui laisse craindre une poursuite de la pénurie de canetons (filières chair et gras) « dans les semaines et mois à venir », préviennent nos confrères. Dans un communiqué du 22 décembre, le ministère de l’Agriculture annonce que, comme au printemps, « des mesures de sauvegarde des ressources génétiques de la filière palmipèdes gras seront mises en place en région Pays de la Loire ». Riches en entreprises de génétique avicole, les trois départements les plus touchés par l’épizootie (Vendée, Maine-et-Loire et Deux-Sèvres) concentrent presque les trois quarts des cas. Au 27 décembre, le ministère de l’Agriculture comptabilisait 238 foyers au niveau national.
Lire aussi Influenza : avec plus de 130 cas, le grand Ouest « sur une ligne de crête »
« La proportion de cheptels reproducteurs atteints semble plus importante qu’en février-mars », note Réussir Volailles. « Peut-être parce que les foyers sont mieux renseignés ou qu’il y a moins de canards commerciaux en élevage » par manque de canetons, avance M. Le Pottier. Autres explications possibles : « une charge virale très forte combinée à une période plus stressante pour les reproducteurs (la montée en ponte) », comme le remarque le média spécialisé. Et de rappeler que, lors de l’épisode d’influenza du printemps, les accouveurs avaient déjà « perdu 80 % de leurs reproducteurs ». Des entreprises qui ont « dû réinvestir avant de toucher les aides de l’État » : le guichet pour le solde des indemnisations économiques du maillon accouvage-sélection a ouvert le 21 décembre. Pour M. Le Pottier, « malgré tout cela, nous devons réfléchir à comment reconstituer nos futurs troupeaux, si l’on veut que les filières canard de chair et à foie gras puissent continuer à fonctionner dans quelques mois. Et sans aucune avance de l’État. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un premier cas en élevvage dans le Gers
Plus au sud, ces derniers jours ont été marqués par la confirmation, le 26 décembre, du premier foyer en élevage dans le Gers, d’après un communiqué de la préfecture. L’exploitation touchée est un élevage de canards situé à Aignan, à l’ouest du département et à une vingtaine de kilomètres de la zone concernée par le « plan Adour » (absence totale de palmipèdes du 15 décembre au 15 janvier dans les 68 communes les plus denses du Sud-Ouest). Avant ce cas, le Gers, premier département avicole d’Occitanie, était déjà concerné par des zones réglementées du fait de la détection de cas en faune sauvage dans les départements limitrophes (Lot-et-Garonne en novembre, puis Hautes-Pyrénées en décembre).