Deux solutions permettraient d’alléger la charge de la vaccination sur les filières canard, l’État se désengageant. L’une étant du ressort national, l’autre européen, d’après les informations recueillies auprès de la filière foie gras.
À l’occasion d’un voyage de presse organisé par le Cifog dans le Sud-Ouest le 30 juin, l’interprofession des palmipèdes à foie gras s’est exprimée sur les espoirs des éleveurs en matière d’allègement de la charge que représente pour eux la vaccination contre l’influenza, alors qu’ils porteront le coût du vaccin et de sa logistique à compter du 1er octobre. L’interprofession envisage deux allègements.
Le premier serait un « protocole mixte » entre les deux vaccins autorisés en France sur les canards, une première injection se faisant sur les canetons au couvoir. La solution entre en phase expérimentale sur des élevages, apprend-on du Cifog qui vient de fournir un échantillon d’élevages. « L’ANMV [Agence nationale du médicament vétérinaire] a validé la modification des RCP [Résumés des caractéristiques produits] en indiquant que celle-ci ne sera possible qu’avec un « protocole validé par le ministère, informe Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog ; autrement dit, c’est maintenant à la DGAL de décider à l’issue de la phase pilote expérimentale. » Mais la solution sera-t-elle prête pour octobre ? Marie Laborde prévient qu’il faudra « attendre que chacun des deux laboratoires édite une notice comportant les recommandations du laboratoire concurrent ». Une grande promesse de cette solution, évoquée par les éleveurs, est qu’elle pourrait, si cela est démontré, protéger les canards gavés les plus âgés, ce qui intéresse particulièrement les filières de qualité supérieure.
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Une surveillance allégée dans l’UE
Le second allègement possible se conçoit à l’échelon européen. En septembre est espérée une position européenne sur la surveillance des élevages vaccinés. Il n’y aurait plus de différence entre la surveillance passive exercée par les éleveurs (en France ce sont cinq canards prélevés chaque semaine) et la surveillance active plus massive et moins fréquente, exercée par les services vétérinaires. Et la surveillance serait dès lors du ressort de l’État.
« Cette simplification pourrait motiver d’autres pays membres à lancer une vaccination », espère le président du Cifog, Fabien Chevalier (Maison Lafitte). Dans l’attente de cette possibilité, le Cifog et le Cicar (interprofession du canard de chair) discutent avec la DGAL d’un futur protocole. Fabien Chevalier fait part du souci des filières avicoles de ne pas supporter plus de 60 % de participation du coût total de cette 3e campagne de vaccination. Cette part de 60 % résulte de la décision du ministère de l’Agriculture de réduire la sienne de 70 % du coût total à 40 %, ce que l’aviculture française continue de contester.