Avec plus de quarante cas en élevages au 6 janvier, l’épizootie d’influenza aviaire continue sa progression. Un premier cas a été détecté en Pays de la Loire, deuxième région de production de volailles en France. Dans le Sud-Ouest, des abattages préventifs devaient démarrer le 7 janvier.
Lentement mais sûrement, l’influenza aviaire continue de progresser. Le 2 janvier, un nouveau front a été ouvert en Vendée : la maladie a été confirmée dans un élevage de 12 800 dindes situé à Beaufou, d’après un communiqué de la préfecture du 4 janvier. Cette exploitation est « composée de trois bâtiments » sans accès à un parcours extérieur ; « les signes cliniques et la mortalité qui a suivi ont été observés uniquement dans un seul bâtiment », d’après la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA). Pour la préfecture de la Vendée, « vraisemblablement, l’introduction du virus s’est faite via l’avifaune sauvage ».
L’élevage vendéen situé en zone dense
Selon l’arrêté du 29 septembre 2021, la commune de Beaufou est située en « zone à risque de diffusion », autrement dit dans un bassin à forte densité de volailles. Avec ce premier foyer dans les Pays de la Loire, la maladie pose un pied dans la deuxième région d’élevage de volailles en France (24 % de la production nationale). La Vendée y occupe une place prépondérante avec 39 % des abattages régionaux. En 2020-2021, quatre foyers avaient été repérés en Vendée et dans les Deux-Sèvres, mais la maladie avait été contenue.
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Cette année, avant le cas vendéen, la maladie était déjà présente dans le département du Nord et dans trois départements d’Occitanie (Gers) et de Nouvelle-Aquitaine (Landes, Pyrénées-Atlantiques). Au 6 janvier, la France comptait quarante-six foyers en élevages (vingt-quatre dans les Landes, huit dans le Nord, sept dans les Pyrénées-Atlantiques, six dans le Gers et un en Vendée). L’épizootie constitue une « grande source de préoccupation », a estimé le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, lors de ses vœux à la presse le 4 janvier. « L’année dernière à la même époque, nous étions à plus d’une soixantaine » de foyers, et « cela faisait déjà de nombreuses semaines que la diffusion du virus n’était plus du tout sous contrôle », a-t-il nuancé, d’après l’AFP.
Dépeuplements préventifs dans le Sud-Ouest
Avec 34 foyers au 6 janvier – un doublement en une semaine –, « la situation sanitaire dans le Sud-Ouest est fortement évolutive », alerte la plateforme ESA. Le 6 janvier, la préfecture des Landes a annoncé qu’une plateforme d’abattage devait être « opérationnelle à partir de ce vendredi 7 janvier » en vue de procéder à des abattages préventifs de volailles. Gérée par GT Logistics (prestataire sous contrat avec le ministère de l’Agriculture), la plateforme ne traitera que « les animaux testés négatifs au H5N1 avant transport ». « Des dépeuplements préventifs apparaissent indispensables pour freiner la progression du virus », explique la préfecture dans un communiqué, « compte tenu de l’apparition de nouveaux foyers presque quotidiennement ».
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Par ailleurs, l’interdiction de mise en place de volailles dans un périmètre de 20 km autour des foyers – initialement prévue jusqu’au 7 janvier – « est maintenue jusqu’au 14 janvier », précise la préfecture des Landes. Annoncée le 30 décembre par le ministère de l’Agriculture, cette mesure concerne uniquement le Sud-Ouest. Cette nouvelle zone réglementée s’ajoute aux habituelles zones de protection (3 km) et de surveillance (10 km), dans lesquelles les mouvements de volailles sont déjà interdits.
Le Nord et la Dombes sous haute surveillance
En lien avec l’interdiction de mise en place, les couvoirs « dont les œufs à couver devront être détruits » et les éleveurs « qui devront maintenir un vide sanitaire » bénéficieront d’un « dispositif d’accompagnement économique », précise le ministère. Ces nouvelles mesures ont été prises « conformément aux principes d’anticipation et de gestion des risques définis dans la feuille de route » signée en juillet, rappelle la Rue de Varenne. Au 31 décembre, « environ 600 000 à 650 000 » volailles avaient été abattues depuis le début de l’épisode 2021-2022, d’après l’AFP, qui cite le ministère.
Ailleurs, la vigilance reste aussi de mise. Alors que la situation semblait stabilisée dans le département du Nord, « un foyer a été déclaré par les autorités belges à moins de 10 km de la frontière », rapporte la plateforme Esa. Également sous haute surveillance, la Dombes, où la préfecture de l’Ain comptabilisait au 5 janvier « une trentaine de cas avérés et une dizaine en suspicion » dans la faune sauvage, d’après France 3. Situé à quelques kilomètres de la zone de production AOP des volailles de Bresse (lire l’encadré), le plateau dit des « mille étangs » est classé en « zone à risque particulier » (zone humide prisée par les oiseaux migrateurs). Au-delà de ces secteurs sensibles, « les couloirs de migration qui traversent le territoire métropolitain sont fortement contaminés », remarque la plateforme Esa, citant la façade Ouest du pays et le couloir Saône-Rhône. Et de prévenir : « La menace est présente dans chaque département. »
Situation « fortement évolutive » dans le Sud-Ouest
Interdiction des mises en place jusqu’au 14 janvier
Dans la Bresse, éleveurs et pouvoirs publics trouvent un « consensus »
Alors que de nombreux cas d’influenza aviaire ont été détectés à 20 km des premiers élevages de volailles de Bresse, la filière et les pouvoirs publics ont trouvé un « consensus » sur les mesures de prévention, indique le CIVB (interprofession) à Agra Presse le 6 janvier. Les éleveurs bressois refusent toujours la claustration totale des animaux, obligatoire depuis le passage en risque « élevé » pour l’influenza en novembre 2021. Une mesure synonyme de dégradation du bien-être animal et de perte de la labellisation AOP. Finalement, la période de démarrage des volailles en bâtiment sera doublée (dix semaines au lieu de cinq) pour « limiter les risques », explique le Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse. Par ailleurs, « certains éleveurs ont décidé de réduire la densité en bâtiments, en passant à 250 animaux au lieu de 500 en moyenne ». « L’administration a autorisé l’ouverture des parcours et la sortie des volailles » sous filet, rapporte-t-on au CIVB. Les professionnels attendent encore une réponse écrite sur la réduction des parcours : « La législation nationale impose 0,5 m2 maximum par volaille », contre 10 m2 minimum dans le cahier des charges de l’AOP des volailles de Bresse.