« La faune sauvage est-elle coupable ou victime [de l’influenza aviaire] ? Nous considérons que les oiseaux sauvages sont singulièrement victimes », a estimé Allain Bougrain Dubourg le 6 janvier. Lors d’un atelier pour la presse, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a appelé à « reconsidérer les modèles » des élevages avicoles pour « éviter que les élevages intensifs ne menacent la faune sauvage ». L’association alerte également sur la longueur des délais de séquençage concernant les cas d’influenza sur des oiseaux sauvages (163 confirmés depuis le 1er août 2022, selon la plateforme ESA). « Nous n’avons pas encore les résultats de prélèvements que nous avons effectués en août 2022 », a déploré M. Bougrain Dubourg. L’ONG souhaite disposer de ces données pour « retracer l’histoire des contaminations », notamment en lien avec les souches virales détectées en élevage, selon Cédric Marteau, directeur du pôle Protection de la nature.
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Ces séquençages seraient précieux pour tenter d’expliquer certaines contaminations, comme celles d’avril 2022 sur des vautours fauves dans les Grands Causses (Aveyron) en avril 2022. Une contamination qui constitue « une première mondiale pour cette espèce », relève le responsable de la LPO. Elle est d’autant plus surprenante qu’elle est survenue à un moment où « la charge virale diminuait dans les élevages », rappelle-t-il. L’épisode a provoqué une réduction de moitié des naissances de l’année, dans une population « très fragile » d’oiseaux réintroduits il y a 40 ans. Autre fait marquant : la contamination durant l’été 2022 de l’unique colonie française de fous de Bassan, dans le Trégor (Bretagne). Près de 90 % des poussins de l’année et « plusieurs milliers d’individus [adultes] » ont péri, soit « plusieurs dizaines d’années de conservation perdues », selon M. Marteau.