Les aléas climatiques, particulièrement les inondations, ont laissé bon nombre d’agriculteurs dans une situation de désarroi. L’APCA, qui recevait le ministre de l’Agriculture le 23 juin, a demandé la mise en place de mesures d’urgence et, à plus long terme, estime nécessaire de « rouvrir le dossier » du contrat socle.
Après la colère de l’été dernier, Guy Vasseur, président de l’APCA, et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, déplorent désormais le désespoir chez les agriculteurs. Les deux hommes, réunis le 23 juin à l’APCA, partageaient le même constat suite aux derniers aléas climatiques : gel, grêle et inondations.
Pour Guy Vasseur, des mesures d’urgence doivent être prises : la reconduction de l’année blanche au-delà du mois d’octobre, la mise en œuvre de mesures exceptionnelles pour les agriculteurs exclus du fonds de calamité, l’automatisation des démarches pour les victimes qui n’ont pas besoin de « paperasserie » supplémentaire, ou encore la possibilité, pour les maraîchers et viticulteurs par exemple, d’acheter de la marchandise à leurs collègues épargnés. Cette revendication, qui « ne coûte rien à l’État », rappelait Guy Vasseur à Stéphane Le Foll, permettrait aux victimes des inondations de ne pas perdre les parts de marchés auprès de leurs clients habituels.
Les aides Pac pour tous les agriculteurs inondés
Les cellules d’urgence seront maintenues afin de traiter les dossiers relatifs aux inondations, selon Stéphane Le Foll
Stéphane Le Foll a affirmé que les exploitations agricoles inondées situées dans des communes non déclarées en état de catastrophe naturelle devraient pouvoir bénéficier de la dérogation ouvrant droit aux aides Pac pour les sols nus. Afin d’étendre cette dérogation, qui s’applique normalement uniquement aux zones déclarées en état de catastrophe naturelle, le ministre a demandé aux préfets de recenser les cas concernés. Il a par ailleurs indiqué que les cellules d’urgence mises en place dans le cadre du plan de soutien à l’élevage, seraient maintenues afin de traiter les dossiers relatifs aux inondations et faciliter ainsi le travail entre agriculteurs, assureurs et administration. Quant au prolongement du dispositif « année blanche » Stéphane Le Foll veut d’abord « une véritable investigation » sur l’application de cette mesure mise en œuvre pour le plan de soutien à l’élevage.
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Revoir le contrat socle
Stéphane Le Foll et Guy Vasseur ont partagé le constat de l’échec du contrat socle qui devait encourager le recours à l’assurance. « On n’y est pas arrivé », a reconnu Stéphane Le Foll, et ce malgré les 120 M€ engagés par les pouvoirs publics. Guy Vasseur déplore quant à lui un contrat socle « pas assez attirant ». Il estime même que le nombre d’adhésions a chuté. Stéphane Le Foll s’est dit prêt à rouvrir le dossier afin de voir « comment mobiliser plus d’argent public pour inciter les agriculteurs à s’assurer » et diminuer ainsi les coûts. « Je ne comprends pas que les banquiers ne fassent pas le forcing pour que les jeunes qui s’installent s’assurent », s’est interrogé Guy Vasseur, prenant même pour exemple les États-Unis où les agriculteurs non assurés n’ont pas droit aux aides.
Les éleveurs s’organisent face aux intempéries
"L’année dernière, c’était la sécheresse ! Cette année la pluie. On remet les mêmes dispositifs en place", observait Béatrice Thiebaut, conseillère agricole à la FDSEA de l’Aisne au sujet des conditions météo de ces derniers jours, le 22 juin lors du congrès GAEC et Société à Laon (Aisne). "Plus de 100 hectares de prairie sont sous l’eau dans le Chaunois", constate-t-elle. "Une cellule de crise" vient d’être lancée, selon elle, tout comme une plate-forme d’échange au niveau des fourrages, comme l’an passé. Un agriculteur de Besançon témoigne aussi : "On a rentré les vaches. Début juin, en millimètre, nous avons reçu notre dose de pluie pour l’année !". En Mayenne, Françoise, une autre éleveuse, "nos terrains sont impraticables pour faire pâturer. Nous avons aussi rentré les animaux ". Fabienne, éleveuse de limousine dans le Maine et Loire, "revient de la Meuse. Même constat !". Face à cela, "le ministère ne nous répond pas", déplore Béatrice Thiebaut qui revendique entre autres la possibilité de faucher les jachères.
ED