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UE/Russie Inspections des services vétérinaires russes dans trois pays de l’UE à l’automne

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L’Union européenne n’est toujours pas parvenue à relancer ses exportations de viande vers la Russie. En forte progression depuis le début de l’année, notamment dans le secteur porcin, les expéditions de la Communauté ont connu un arrêt brutal ces dernières semaines suite à la décision des services vétérinaires russes de ne plus tolérer aucune trace d’antibiotiques. Des inspections sanitaires russes sont attendues à l’automne, en particulier en France, en Allemagne et en Espagne.

« Nous souhaitons créer des conditions permettant à notre pays de réaliser son potentiel compétitif, de se faire une bonne place sur le marché mondial et de protéger notre population contre les conséquences négatives de la dépendance excessive des importations » a lancé Vladimir Poutine, le Premier ministre russe, le 14 juillet, à la veille de l’annonce par ses services vétérinaires d’une série des restrictions supplémentaires sur les exportations de viande en provenance de huit pays de l’UE dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark et l’Italie. Les négociations pour reprendre les exportations de produits carnés, paralysées depuis les premières restrictions décrétées en avril puis à la mi-juin, sont pour le moment au point mort, reconnaît-on à Bruxelles.

Attaques contre les traitements préventifs

Moscou dénonce le manque de réactivité de plusieurs pays européens pour réduire le niveau de résidus d’antibiotiques présents dans les produits carnés. Sergueï Dankvert, le chef des services vétérinaires russes, reproche notamment aux éleveurs européens d’utiliser à titre préventif des médicaments vétérinaires. Il estime que l’arrêt des traitements devrait intervenir au moins 30 jours avant l’abattage pour éviter la présence de résidus dans la viande et ainsi permettre aux professionnels de la Communauté de respecter les normes russes, indique-t-on de sources européennes.

Discussions à Parme sur les risques liés aux antibiotiques

La Commission de Bruxelles juge que la récente « tolérance zéro pour les résidus d’antibiotiques fixée par la législation russe est utilisée pour prendre des mesures qui affectent les exportations européennes de viande de façon disproportionnée ». Elle insiste sur l’absence de risques pour la santé humaine liés à la présence de traces d’antibiotiques dans la viande.

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sans antibiotiques
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Il a été convenu avec le ministère russe de la santé d’entamer des discussions dans les prochains mois sur la question des médicaments vétérinaires, précise Bruxelles. Une première réunion bilatérale devrait avoir lieu dans les prochaines semaines à Parme, dans le cadre de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) au cours de laquelle l’UE défendra son approche scientifique auprès des experts russes.

Nouvelles restrictions et perspective d’inspections

Les nouvelles restrictions, annoncées le 15 juillet par les services russes, devraient s’ajouter à l’arrêt des importations en provenance de 10 entreprises belges, 19 allemandes, 6 danoises, 19 espagnoles et 16 françaises décrété fin juin. Sergueï Dankvert souligne qu’il ne s’agit pas d’imposer un embargo sur l’ensemble des produits européens, mais simplement d’assurer que la viande commercialisée en Russie est conforme aux normes en vigueur dans son pays. Faute d’avoir des inspecteurs vétérinaires en poste dans les vingt-sept Etats de l’UE, comme c’était encore le cas récemment, ses services vétérinaires procèdent à des contrôles à l’entrée en Russie de ces marchandises, argumente-t-il.

Une vaste tournée d’inspection des normes d’hygiène des abattoirs et des sites de transformation de viande en Europe devrait être menée à l’automne par ses services. La France, l’Espagne et l’Allemagne devraient être ciblés en priorité.