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Installation : avec Initiative France, les chambres ratissent plus large

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Avec son partenariat avec le réseau Initiative France, les chambres d’agriculture veulent élargir le panel de candidats à l’installation.

« Un agriculteur sur deux sera à l’âge de la retraite en 2030, a rappelé le président des chambres Sébastien Windsor, lors d’un voyage de presse le 27 octobre. Pour assurer le renouvellement, on doit chercher un plus grand nombre de personnes, et avec des projets plus divers. » C’est l’ambition du partenariat lancé en 2021 avec Initiative France, réseau associatif de financement et d’accompagnement.

De leur côté, les chambres d’agriculture ont comme mission l’« accompagnement technico-économique, y compris des transitions et des changements », rappelle Sébastien Windsor. Le réseau Initiative France propose, lui, un prêt d’honneur (entre 10 000 € et 20 000 € en moyenne sur trois à cinq ans) qui joue « un effet de levier pour obtenir un financement bancaire », indique son président Guillaume Pepy. « Au moment de l’installation, on solidifie le dossier à partir du plan d’affaires », ajoute-t-il.

Initiative France a accompagné 610 projets dans l’agriculture en 2021, quelque 3 600 sur une dizaine d’années. « Le besoin d’accompagnement est beaucoup plus fort qu’avant, car il faut viser des gens non issus du milieu agricole, des projets de plus en plus diversifiés », appuie Sébastien Windsor.

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Des profils davantage novices

D’après l’enquête d’Initiative France, 32 % des exploitants aidés par le réseau étaient au départ sans expérience agricole. 86 % n’avaient jamais créé d’entreprise (contre 76 % pour tous les entrepreneurs sondés). Sans surprise, l’activité mobilise beaucoup de capitaux : 24 % des agriculteurs se sont lancés avec 80 000 à 160 000 euros (contre 17 %), 20 % avec plus de 160 000 euros (contre 14 %). La vie d’exploitant s’avère plus complexe que prévu pour 40 % des sondés. En cause, les formalités administratives ressortent en tête (34 % des agriculteurs font face à cette difficulté, contre 21 % tous entrepreneurs confondus), suivies par l’obtention d’un financement (14 %).

Reconversion professionnelle, reprise hors cadre familial, les exemples ne manquent pas pour illustrer la diversité des installations. Leur projet de maraichage bio, Teresa Garvey et son conjoint l’ont mené en quittant la Beauce pour l’Île-de-France. « On s’est sentis bien intégrés localement lors du passage en commission de prêt chez Initiative France », raconte-t-elle. L’avis du réseau « m’a confortée dans mes orientations », témoigne Marie-Elisabeth Ravasse qui, après une carrière dans l’administration du sport, a repris l’exploitation familiale en Seine-et-Marne en la convertissant au bio, avec l’ajout d’une activité d’élevage et la vente en circuit court.

Un besoin d’accompagnement « beaucoup plus fort qu’avant »