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Installations : un rebond aux multiples facettes

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Après un fort déclin en 2016, les installations repartent à la hausse en 2017, avec toutefois de fortes disparités entre régions. Le profil de ces nouveaux agriculteurs évolue. Les installés de 2017 étaient plus jeunes et plus souvent pluriactifs que ceux de 2016. La surface qu’ils exploitent continue de s'agrandir après une stagnation entre 2009 et 2012. Chez les jeunes installés (moins de 40 ans), la part des femmes stagne à 28,8 %.

« En 2017, 14 319 non-salariés se sont installés en tant que chefs d’exploitation agricole », compte la MSA dans un communiqué de presse du 28 janvier. Cela représente une hausse de 1,2 % sur un an qui fait suite au recul en 2016 de 6,2 % du nombre d’installations. Parmi ses nouveaux installés : 66,6 % ont moins de 40 ans et sont éligibles au dispositif d’aides à l’installation, 25,6 % sont des installations tardives (hors transfert entre époux) et 7,8 % résultent de transfert entre époux

Le boom des installations en Corse

La Corse tire largement son épingle du jeu avec un bond de 44 % du nombre de nouveaux installés. Elle est suivie par le Centre Val de Loire (+15 %). A contrario, le Grand-Est (-7,8 %) et la Bretagne (-7,5 %) connaissent un net manque d’attractivité en 2017.

À l’échelle départementale, ce sont le Val d’Oise (+ 82 %) et les Pyrénées-Orientales (+ 63 %) qui attirent le plus de nouveaux agriculteurs. À l’inverse, l’Aube (- 38 %), les Alpes-Maritimes (- 34 %) et le Territoire de Belfort (- 31 %) sont les départements où le nombre d’installations diminue le plus.

De plus en plus de jeunes

La bonne dynamique des installations en 2017 est portée par les jeunes de moins de 40 ans dont le nombre d’installations progresse de 3,1 % en un an. Du fait du vieillissement de la population agricole, les transferts entre époux augmentent de 3,5 %. À l’inverse, les installations tardives reculent de 4 %.

Des exploitations de plus en plus grandes

Après s’être stabilisée autour de 34 hectares entre 2009 et 2012, la superficie moyenne exploitée par un jeune installé de moins de 40 ans est en progression. Elle « franchit un nouveau palier pour atteindre 37,1 hectares », analyse la MSA. Parmi eux, un quart exploite une surface supérieure à 55 hectares.

Pour les installations tardives (hors transfert entre époux), la superficie moyenne des fermes est plus petite, de l’ordre de 27 hectares. La moitié de ces installés tardifs dispose de moins de 15 hectares et seulement un quart exploite plus de 38 hectares.

De plus en plus de pluriactifs

« En 2017, 35 % des installés – jeunes ou tardifs – se déclarent pluriactifs », observe la MSA. Ils étaient 32,6 % l’année précédente.

Parmi les moins de 40 ans nouvellement installés, le taux de pluriactivité est de 36,4 % pour les hommes et de 31,3 % pour les femmes.

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La pluriactivité est encore plus importante dans le cadre d’installations tardives (hors transferts entre époux) : 40,2 % pour les hommes et 37,3 % pour les femmes.

Un tiers de femmes parmi les jeunes agriculteurs

Seuls 40,1 % des nouveaux installés sont des femmes. Un chiffre à analyser avec précaution tant il masque des situations disparates selon la typologie d’installations. En effet, « depuis quinze ans, parmi les jeunes installés la part des femmes oscille entre 27 % et 30 % », indique la MSA. En 2017, elles étaient 28,8 % parmi les installés de moins de 40 ans.

Ce taux de féminisation se réduit à 54 % en 2017 parmi les installations tardives alors qu’il était de 62,1 % en 2007.

Dans le cadre de transferts entre époux, la part des femmes monte mécaniquement en flèche (90,5 %) car il s’agit majoritairement d’une installation suite au départ en retraite du mari.

Des taux de maintien des jeunes extrêmement élevés

79,6 % des chefs d’exploitation installés en 2011 sont toujours en activité en 2017. Un bon score qui grimpe à 85,8 % chez les jeunes et qui, mécaniquement du fait des départs en retraite, décline avec l’âge des nouveaux installés. Aussi, le taux de maintien de l’activité est de 69,4 % pour les installations tardives (hors transferts entre époux) et de 59,4 % en cas de transfert entre époux.

« Le taux de maintien varie sensiblement selon l’orientation des exploitations », explique la MSA. Les secteurs qui disposent du plus haut taux de maintien à six ans sont les élevages bovins lait et viande (86,8 %), suivis par les exploitations en polyculture élevages (83,6 %) et les exploitations céréalières et grandes cultures (82,4 %). Le maraîchage (71,2 %), l’arboriculture fruitière (73,6 %) et l’élevage de volailles et de lapins (75 %) sont à l’inverse les secteurs où les taux de maintien sont les plus faibles.

La bonne dynamique des installations en 2017 est portée par les jeunes de moins de 40 ans.

79,6 % des chefs d’exploitations installés en 2011 sont toujours en activité en 2017.

JA et FNSEA se félicitent des « bons chiffres » de l’installation aidée en 2018

« Notre travail sur l’installation paye ! », se félicitent les Jeunes agriculteurs (JA) et la FNSEA, à la suite du Comité national installation transmission, dans un communiqué de presse commun du 24 janvier. En effet, il y a eu 5 010 installations aidées en 2018. Soit une hausse de 19 % en deux ans. Les syndicats expliquent ces « bons chiffres » de deux raisons. Premièrement, par la revalorisation de la dotation Jeunes agriculteurs qui est passée en moyenne de 20 060 € en 2016 à 31 140 € en 2018. Ensuite par le succès de la promotion du dispositif d’accompagnement à l’installation où « plus de 21 000 personnes ont poussé la porte du Points Accueil Installation de leur département ».