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Ipsago valorise ses ingrédients issus des coproduits agricoles et alimentaires

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Les biscuits sont une des applications des ingrédients d'Ipsago. Crédits : © Ipsago

Ipsago a mis au point un process exclusif pour obtenir plusieurs farines à partir de fruits et légumes ou de coproduits de brasseries et d’huileries. Et pour montrer les usages de ses farines, la start-up propose une gamme de biscuits salés et sucrés. Elle a fait partie des 10 finalistes du Concours national de la création agroalimentaire biologique 2024, dont le palmarès a été dévoilé au SIA.

Il y a une multitude de coproduits disponibles qui peuvent devenir des ingrédients alimentaires pour nourrir les humains, mais à condition de savoir les travailler. C’est tout le défi que se sont lancés les deux fondateurs d’Ipsago, Thibault Venezia et Renaud Alouche. En commençant par les fruits et légumes avec des défauts esthétiques, d’un calibre ne correspondant pas à ceux attendus par la grande distribution, ou produits en trop grande quantité à un moment ponctuel de l’année. Leur projet original a fait partie des 10 finalistes du Concours national de la création agroalimentaire biologique 2024, dont le palmarès a été dévoilé le 26 février 2024 à l'occasion du Salon international de l'agriculture de Paris.

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« Les drêches, qui sont des céréales maltées issues des brasseries contenant 80% d’eau, sont centrifugées, pressées et séchées à basse température dans notre atelier, puis nous les transformons en farine fine selon un procédé exclusif, qui est notre secret de fabrication », explique Thibault Venezia. Sans entrer dans les détails, Thibault Venezia indique que des machines, qui ne sont pas des meules, ont été adaptées pour arriver à ce résultat. « Nous obtenons une farine proche de la farine de blé T80 en termes de granulométrie, riche en fibres et en protéine », poursuit-il. 

Le gisement inexploré des coproduits alimentaires

Ipsago ne se limite pas aux drêches de brasseries. La société s’est mise en relation avec d’autres producteurs pour récupérer leurs coproduits : des huileries d’olive et d’oléagineux, des fabriques de lait végétaux (soja, amande), des semenciers qui ne gardent que les graines des légumes par exemple. « Nous travaillons aujourd’hui plus de 50 coproduits », indique Thibault Venezia, qui qualifie le gisement de coproduits alimentaires et agricoles « d’infini et inexploré ». Toutefois, si le principe consiste à obtenir des farines aux qualités nutritionnelles spécifiques, chaque coproduit a ses caractéristiques et demande le développement d’équipements spécifiques n’existant pas dans le commerce. 

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Une autre dimension importante est soulignée par Ipsago : la nécessité de travailler à partir de matières premières biologiques, afin de s’assurer de l’absence de résidus. La société transforme ainsi des fruits et légumes issus d’écarts de triage ou bien produits en trop grande quantité, et veut s’assurer de pouvoir tout transformer, notamment les peaux de fruits indemnes de produits phytosanitaires.

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Pour mettre en valeur ses ingrédients, Ipsago a développé une gamme de biscuits salés (Cracomalt) et sucrés (Brewkies), et de pétales de fruits séchées (Origino). L’idée est de montrer que les farines peuvent s’intégrer dans des recettes très différentes, mais c’est la mise au point de farines qui va mobiliser l’énergie des fondateurs à l’avenir. Ils prévoient d’ailleurs de sous-traiter la fabrication des biscuits prochainement pour pouvoir étendre leur outil de fabrication de farines.

Fabriquer des ingrédients innovants pour les IAA

« Notre stratégie est clairement de fabriquer et vendre des farines et des ingrédients exclusifs à d’autres transformateurs, même si la vente des biscuits est essentielle dans notre modèle économique car elle nous permet de développer notre savoir-faire dans la mise au point d’ingrédients innovants », souligne Thibault Venezia, qui veut garder sa « longueur d’avance en R&D » sur les concurrents.

En 2023, 15 000 sachets de biscuits ont été vendus, et Ipsago vise plus de 100 000 sachets en 2024. Pour cela, il faut étendre le nombre de points de vente à 500 magasins biologiques fin 2024. Des projets qui pourraient être accélérés par une levée de fonds, de préférence auprès d’un industriel de l’agroalimentaire qui pourrait apporter son expertise. « Nous souhaitons trouver un partenaire qui partage nos valeurs et notre engagement environnemental et social, comme en témoigne notre statut d’entreprise à mission », indique Thibault Venezia.