Cinq « bassines », des retenues d'eau controversées qui font l'objet de nombreuses manifestations en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres, ont été interdites par la justice administrative en appel à Bordeaux en raison d'études d'impact insuffisantes, a appris l’AFP le 18 mai. La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté le 17 mai la requête de l'association des Roches, représentant les irrigants, qui visait l’autorisation de cinq réserves d'eau à remplir par prélèvements sur le bassin de la rivière Le Mignon, sur les communes de La Laigne, Cramchaban et la Grève-sur-le-Mignon (Charente-Maritime). En seize ans de procédure, ces « bassines », autorisées par deux arrêtés préfectoraux, ont donné lieu à nombre de recours de Nature Environnement 17 qui s'oppose à ces retenues d'eau, et à des demandes d'études d'impact. Dans son jugement communiqué le 18 mai, la cour administrative d'appel a noté « l'insuffisance » ou « l'absence de données » de certains aspects des études d'impact avancées par les irrigants, notamment sur les effets des prélèvements, l'absence de sources de certains chiffres avancés ou des mesures ne permettant pas un « ajustement pertinent » du remplissage des retenues. La cour a également condamné l'association des Roches à verser 1 500 euros de frais de justice à Nature Environnement 17.
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Seize de ces retenues de substitution sont prévues pour servir 220 exploitations sur le bassin de la Sèvre niortaise. Les projets donnent lieu depuis des années à des manifestations, quelquefois avec heurts, organisées par des opposants réunis dans le collectif Bassines Non Merci, soutenu notamment par la Confédération paysanne, la LPO, EELV, Attac, La France Insoumise, etc., qui dénoncent un « accaparement de l'eau ». La retenue de Cramchaban avait notamment été dégradée lors d'une manifestation.