Le Parlement européen s’est prononcé à une large majorité (par 588 voix pour, contre 23 et 66 abstentions), le 19 février à Strasbourg, en faveur de la réutilisation des eaux urbaines résiduaires pour l’irrigation agricole. Dans son rapport, l’eurodéputée Simona Bonafè (S&D, Italie) suit les propositions de la Commission européenne d’établir des normes minimales de qualité pour l’eau recyclée, des obligations de production, de distribution et de stockage pour les opérateurs et des mesures de gestion des risques pour une réutilisation sûre de l’eau (1).
Les députés ont par contre rejeté un amendement de la commission parlementaire de l’environnement qui aurait rendu les opérateurs d’installation de récupération de l’eau responsables de toute éventuelle contamination de la ressource.
La Commission devra évaluer dans un délai de cinq ans si l’eau recyclée peut servir à d’autres usages. Mais les députés estiment qu’entre-temps, les États membres devraient pouvoir autoriser l’utilisation de l’eau recyclée à d’autres fins à condition que la santé humaine, les animaux et l’environnement soient protégés.
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La Commission estime que le potentiel global de réutilisation de l’eau d’ici 2025 est d’environ 6,6 milliards de m3, contre 1,1 milliard de m3 par an actuellement. Avec un coût total d’eau recyclée inférieur à 0,5 €/m3, plus de 50 % du volume total d’eau théoriquement disponible pourrait réellement être utilisé, permettant d’éviter plus de 5 % des prélèvements directs dans les plans d’eau et les eaux souterraines.
Les négociations avec le Conseil de l'UE pour trouver un accord sur ce dossier pourront débuter une fois que les États membres auront arrêté leur propre position.
(1) Voir n° 3647 du 04/06/2018