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Crise laitière J. -L. Demarty : la France n’utilise pas toutes les marges de manœuvre de la Pac

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Défendant l’action de la Commission Européenne dans le contexte de la crise laitière, Jean-Luc Demarty, le directeur général de l’agriculture a indiqué, à l’assemblée générale de la FNCL (ccopération laitière) du 29 avril, que la France n’avait pas encore utilisé toutes les marges de manœuvre du bilan de santé de la Pac. Deux mesures techniques permettent de débloquer de l’argent pour venir en aide aux secteurs laitiers comme l’article 68 et le fonds destiné « aux nouveaux défis ». Ces possibilités pourraient être utilisées par la France dans le cadre du futur plan de développement de la filière laitière annoncé par Bruno Le Maire, indiquent des sources professionnelles.

Avant de tacler la gestion de la crise laitière par la Commission européenne, la France ferait bien d’utiliser tous les leviers dont elle dispose dans le cadre du bilan de santé de la Pac. Tel est le message délivré à l’assemblée générale de la FNCL, le 29 avril, par Jean-Luc Demarty, directeur général de l’Agriculture à la Commission européenne. Défendant l’action de la Commission qui « a pris les mesures nécessaires », il a cité deux mesures techniques que sont l’article 68 (1er pilier) et le fonds destiné « aux nouveaux défis » (second pilier). L’article 68 permet aux Etats membres de conserver un pourcentage de l’enveloppe nationale destinée aux paiements directs pour soutenir certains types de production comme les producteurs de lait par exemple. Le fonds destiné « aux nouveaux défis » provient d’un transfert entre le budget des aides directes (1er pilier) et celui du développement rural (2e pilier) par prélèvement. Ce fonds peut aussi servir à « des mesures d’accompagnement pour le secteur laitier » comme le prévoit le bilan de santé.

La France fait exception
Les États membres de l’Europe ont utilisé les 5 milliards d’euros du fonds « nouveaux défis » à hauteur 15 % en moyenne, a expliqué Jean-Louis Demarty. L’Allemagne affiche 25 % d’utilisation de son plafond. La France est à « zéro » Ces possibilités pourraient être utilisées par la France dans le cadre du futur plan de développement de la filière laitière, indiquent des sources professionnelles. « L’Allemagne a beaucoup restructuré et en tire aujourd’hui profit », a expliqué le haut fonctionnaire. En Allemagne, les exportations agroalimentaires progressent plus vite qu’en France et nous sommes dépassés en valeur, a-t-il résumé. Un constat unanimement partagé lors de l’assemblée générale de la FNCL. « Je suis révolté par le fait que la France n’a pas produit son quota alors que l’Allemagne l’a fait en appuyant sur l’accélérateur », s’est exclamé Philippe Mangin, président de Coop de France. « Il faut arrêter les lamentations, (…) et lutter contre la baisse de moral des producteurs de lait alors que les perspectives sont bonnes », a-t-il conclu.

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