Abonné

Janusz Wojciechowski en croisade contre la « course à l’intensification »

- - 3 min

Le commissaire européen à l’Agriculture a multiplié les critiques envers l’intensification de la production, de porc en particulier, qui élimine chaque jour des agriculteurs dans l’UE. La réforme actuelle de la Pac, le plan de développement de l’agriculture bio ou encore le renforcement des normes de bien-être animal doivent permettre de préserver les petites et moyennes exploitations familiales de l’UE face à « cette course dangereuse ».

« Certaines personnes me demandent ce qu’est l’élevage industriel. Eh bien, c’est un élevage qui veut produire de plus en plus pour de moins en moins cher. Hier un élevage c’était 1 000 porcs, aujourd’hui 5 000, demain 10 000, après-demain 100 000… Il n’y a pas besoin de fermiers pour faire ça. Et même ils sont gênants », a lancé le 19 avril le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski dans une série de tweet, qui a entraîné une levée de boucliers d’une partie du secteur agricole européen. On sait Janusz Wojciechowski très attaché aux petites exploitations agricoles familiales, où il a grandi. Il a récemment vanté l’importance de la stratégie « de la ferme à la table », de son plan de développement de l’agriculture biologique ou du renforcement du bien-être animal pour préserver ces exploitations. Le commissaire rappelle fréquemment ces chiffres : environ 4 millions d’exploitations agricoles ont disparu dans l’UE en une décennie, soit 1 000 par jour. Et il met régulièrement en cause, sans les citer, les éleveurs de porcs des Pays-Bas. L’eurodéputé centriste néerlandais Jan Huitema lui reprochait encore récemment, le 14 avril lors d’un échange de vues sur le plan d’action pour l’agriculture bio, ses idées « préconçues ».

« Un système qui n’élimine pas les plus faibles »

Mais cette fois, le commissaire a franchi une étape supplémentaire : « On ne peut pas, selon lui, dire que l’on défend les zones rurales et les agriculteurs en défendant les méthodes d’élevage intensives. Au contraire celles-ci servent à éliminer les agriculteurs de la concurrence ». Vivement critiqué pour cette prise de position notamment par la présidente des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) Christiane Lambert, il répond que « bien sûr, tous les types d’exploitations sont nécessaires, y compris les grandes, mais il faut un système qui n’élimine pas les plus faibles ». Et d’ajouter : « Je porte un regard critique sur la course à l’intensification de la production, et non sur les agriculteurs qui sont contraints de participer à cette course dangereuse car il y aura très peu de gagnants ». Quelques jours plus tard, le 28 avril, lors d’un échange avec la Coordination européenne via Campesina, il a assuré que « l’amélioration de l’équité, de l’efficacité et de l’efficience de la distribution des paiements directs restait parmi ces principales priorités de la réforme en cours de la Pac, en particulier, la nécessité de mieux répondre aux besoins de revenus des petites et moyennes exploitations familiales ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

bien-être animal
Suivi
Suivre

(AG)