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Jeriko veut s'ouvrir à des partenaires de l'agroalimentaire

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De gauche à droite : Emmanuel Leconte et Olivier Tilloy sont les fondateurs de Jeriko. Crédits : © Jeriko

Le fonds d’investissement dédié à l’alimentation durable Jeriko a mené le récent tour de table de la start-up française Fayo. Déjà au capital d'une douzaine de sociétés, Jeriko veut réunir tous les acteurs de l'écosystème de l'agroalimentaire. 

Créée en 2022 par Olivier Tilloy et l’agriculteur entrepreneur Emmanuel Leconte, la société de capital-risque Jeriko se présente comme « le premier fonds deal by deal dédié à l’agrifoodtech ». Elle investit dans des start-up du pre-seed jusqu’à la série A, avec des premiers tickets compris entre 200 000 € et 1 million d’euros, et sort au bout de « 5 à 7 ans », indique Olivier Tilloy. Elle réunit « une communauté de 300 investisseurs que l’on sollicite lorsqu’on identifie des opportunités sur lesquelles on a de fortes convictions », continue Olivier Tilloy. Selon le principe du deal by deal, chaque investisseur peut choisir d’investir ou non dans les sociétés repérées par Jeriko. 

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Jeriko compte déjà plusieurs opérations à son actif. La plus récente concerne un tour de table d’amorçage qu’il a mené pour la start-up française Fayo, au cours duquel cette dernière a levé plus de 500 000 euros, la majorité venant des investisseurs réunis au sein de Jeriko. Soutenir la société marseillaise relevait d’une évidence pour le cofondateur et dirigeant de Jeriko, Olivier Tilloy : « Fayo est positionné sur le marché de la restauration collective, c’est un marché sous tension, avec beaucoup de règles, de contraintes économiques, de contraintes réglementaires, de traçabilité, d’hygiène… Avec ses produits bio, végétaux et locaux, Fayo permet aux collectivités de répondre à beaucoup de ces contraintes. » 

Les secteurs ciblés par Jeriko sont variés et vont de la transition écologique aux protéines alternatives, en passant par la réduction du gaspillage alimentaire ou la technologie au service de l’agriculture. Quand il s’agit de choisir les opportunités d’investissement, son directeur général assure être guidé par « les enjeux de l’industrie au sens large, car l’alimentation représente une partie importante des émissions de GES ». 

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Accélération en perspective 

En trois ans, Jeriko a investi dans une douzaines de sociétés. Ainsi en octobre 2024, Jeriko avait participé au tour de table de l’avignonnaise Hubcycle, au cours duquel la start-up qui transforme les coproduits alimentaires en ingrédients, a levé 15 millions d’euros. En avril 2024, Jeriko avait mené le tour de table pour FoodFlow, qui digitalise la chaîne d’approvisionnement des restaurateurs, et réuni 2 millions d’euros pour l’accompagner dans son déploiement. « Nous avons prouvé le modèle, notre objectif était de montrer que l’on pouvait trouver de bons projets dans l’alimentation en alliant impact et performance », se réjouit le directeur général de Jeriko. 

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Alors qu’il regroupait surtout des entrepreneurs et des family office, Jeriko veut désormais s’ouvrir à des entreprises de l’agroalimentaire. « On leur permet d’avoir un tour d’avance dans les nouvelles tendances d’investissement dans l'agriculture, la food, la distribution alimentaire, et d’investir uniquement dans les sociétés pour lesquelles elles ont un intérêt », glisse Olivier Tilloy. « Ça nous intéresse de réunir autour de nous tous les acteurs de l’écosystème agroalimentaire. » Désormais, il veut « accélérer à la fois sur le nombre de projets financés et sur les montants investis. Petits à petit, les projets vont devenir plus gros et certains vont nécessiter plus de capitaux. » Pour son cofondateur, Jeriko a le potentiel pour « devenir le fonds de référence sur le sujet de l’alimentaire ».