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Indications géographiques Jérôme Despey appelle la filière à prendre position sur les vins sans IG

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Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer, a appelé la filière à traiter le débat des vins sans indications géographiques (VSIG), le 26 novembre lors d’une conférence de presse au Sitevi, à Montpellier. Il faut trancher : soit la France propose une offre de VSIG sur le marché mondial, en s’en donnant les moyens par un vignoble dédié, soit elle décide que ce n’est pas sa vocation.

«On ne pourra pas fuir le débat sur la nécessité de construire une vraie filière de vins sans indication géographique (VSIG) », a indiqué Jérôme Despey, le 26 novembre lors d’une conférence de presse au Sitevi, le salon du matériel et de l’innovation de la filière vin, des fruits et légumes et de l’oléiculture, qui se tient tous les deux ans à Montpellier.
 
Une gestion au fil de l’eau
En effet, pour l’instant, le segment des vins sans IG est géré « au fil de l’eau », a précisé le président du conseil viticole de FranceAgriMer : les années où la production de vins sous AOC (appellations d’origine contrôlées) et IGP (indications géographiques protégées) est excédentaire, les excédents sont déversés sur le marché des vins sans IG. Les années de petite vendange, comme celles de 2012 et 2013, l’offre de VSIG est quasi-nulle, a déploré Jérôme Despey, citant l’exemple de la Gironde cette année, qui n’aura rien à vendre pour approvisionner ce marché. « La politique du laisser-faire n’est pas une stratégie », a-t-il résumé. « Comment peut-on être compétitif avec les Espagnols sans un vignoble dédié aux vins sans IG ? Si la filière française veut que la France puisse proposer une offre de VSIG sur le marché mondial, elle doit s’en donner les moyens par un vignoble dédié. Ou sinon décider qu’elle n’en veut pas », a exposé le secrétaire général adjoint de la FNSEA. Le président de la filière se donne jusqu’aux vendanges 2014 pour trancher. Sinon, ce sera le ministre de l’Agriculture qui le fera à la place de la filière.
 
Deux raisons de trancher le débat
Jérôme Despey estime que la filière doit répondre à cette question parce qu’après deux années de petites récoltes en France, l’offre française est amoindrie, alors que la production de vin de l’Espagne et de l’Italie, les deux principaux compétiteurs mondiaux de la France, a rebondi en 2013, laissant la filière française à l’écart des marchés en expansion, notamment asiatiques, a-t-il souligné. En outre, la filière française doit préparer sa version du futur régime d’autorisations de plantations, qui remplacera au 1er janvier 2016 celui des droits de plantations. Or, dans ce cadre, « nous devons traiter ce débat : voulons-nous nous occuper des vins sans IG ? », a martelé le président du conseil viticole. Et si oui, il faudra être compétitif sur ce marché, comme le sont les Espagnols.
La filière dispose justement d’un laps de temps favorable à la discussion : « Profitons de l’embellie sur les marchés pour nous consacrer aux dossiers de fond. Nous ne sommes pas accablés par l’urgence », contrairement à d’autres années excédentaires, a-t-il ajouté.
 
Les conditions d’un vignoble dédié aux VSIG
Pour Jérôme Despey, si on décide d’autoriser des plantations de vignobles pour le segment des VSIG, il faudra être vigilant pour que le vin produit « ne parte pas vers d’autres destinations ». De plus, il faudra des cépages dédiés à ce marché. Enfin, il faudra réunir toutes les conditions pour mettre en place l’irrigation.
Par ailleurs, que deviendront les quantités excédentaires de vins d’appellations et d’IGP, si elles entrent en concurrence avec les VSIG du vignoble dédié ? Cette question renvoie aux chantier de toutes les régulations qu’il faudra mettre en place : contractualisation entre producteurs, négociants et distributeurs, extension du système de volume complémentaire individuel (VCI) qui sera déjà généralisé en France pour les vins blancs secs, développement du système de la réserve comme celui qui est pratiqué en Champagne pour lisser les variations de qualité et de quantité. Enfin, selon le président de la filière, un outil de régulation souhaitable existe sous la forme de la mise sur pied d’une industrie des moûts concentrés en France, pour que les deux voies d’enrichissement des vins co-existent en France : la chaptalisation (par du sucre) et le recours aux moûts concentrés.

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