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Filière viticole Jérôme Despey espère l’appui présidentiel pour soutenir l’image du vin

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Le président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer, Jérôme Despey, a bon espoir que l’échange qu’il a eu avec le président de la République le jour de l’inauguration du Salon augure d’un appui présidentiel pour éviter que le vin soit stigmatisé, à travers le débat sur les boissons alcoolisées et leur taxation, a-t-il indiqué le 27 février devant la presse.

«Le président de la République a pris le temps de discuter avec nous pendant une vingtaine de minutes le jour de l’inauguration et nous avons échangé sur la façon d’éviter de stigmatiser le vin et comment gagner en compétitivité », a déclaré Jérôme Despey sur le pavillon des vins au Salon. Le chef de l’État était « à l’écoute » du point de vue des professionnels quant à leur inquiétude sur le statut du vin dans la société, a-t-il souligné.

La tentation d’augmenter les accises sur le vin 

Dans les lois de finances, les parlementaires et le gouvernement « ont toujours la tentation d’augmenter les accises sur le vin », a-t-il ajouté. Le problème est « qu’à chaque campagne contre l’alcool, c’est l’image d’un ballon et d’un verre de vin qui est donnée. On fait l’amalgame entre une profession qui travaille la qualité du produit et l’association entre les mets et les vins, et l’alcoolisme », a dénoncé Jérôme Despey.
Ce sujet de l’image du vin dans la société, abordé avec François Hollande autour d’une dégustation de grands crus, inquiète les professionnels de là filière parce qu’ils ont eu connaissance d’un projet d’alignement de la fiscalité du vin sur celle des alcools forts.
« Il faut faire entrer la viticulture dans le patrimoine gastronomique français », a-t-il souligné, pour préserver le vin d’une taxation excessive, précisant en pesant chaque mot : « Tout ce qui est issu du raisin et de la vigne doit faire partie du patrimoine gastronomique ». Il est important, selon lui, de faire le lien entre le produit et le terroir, comme l’a fait la filière du foie gras, et d’associer les vins aux mets.

La santé publique instrumentalisée

« Ce qui me gêne dans la taxation, c’est que l’on se sert de la santé publique pour faire rentrer des recettes au budget de l’État. Si le dossier est présenté sous l’angle de la santé, je conteste la confusion entre les problèmes de santé publique et le vin. S’il y a nécessité de contribuer plus au budget, c’est un autre sujet ».
La taxation des vins tranquilles est de 3,66 euros par hectolitre, celle des mousseux de 9,07 euros, celle des vins de liqueur AOC de 45,79 et celle des vins de liqueur non AOC (vins issus de groupes industriels comme Pernod-Ricard ou Martini & Rossi) de 183,15 euros l’hectolitre.
Le monde viticole a beaucoup perdu d’hectares, de volumes de consommation sur le marché intérieur et de parts de marchés à l’export face à l’Italie et à l’Espagne, a fait remarquer le président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer.
Le pavillon des vins a reçu le président de la République en lui faisant déguster trois grands vins : un rosé de Provence de Bormes-les-Mimosas, un grand cru de Bourgogne et un Grenache des Pyrénées Orientales. Sa conversation avec les représentants de la filière « est un signal fort », selon Jérôme Despey.

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