Le renouvellement des générations dans le secteur agricole fera partie de principales priorités des propositions de la Commission européenne sur l’avenir de la Pac. Un rapport commandé par la commission de l’agriculture du Parlement européen montre que les dispositions déjà en place pourraient être adaptées pour faciliter l’accès à la terre et encourager l’installation de nouveaux entrants dans le secteur.
Dans une étude commandée par la commission de l’Agriculture du Parlement européen sur la mise en œuvre de la politique en faveur des jeunes agriculteurs dans le cadre de la Pac, les auteurs (de l’université de Prague) estiment que les soutiens qui lui sont consacrés doivent être mieux ciblés, en particulier sur les nouveaux arrivants dans le secteur.
L’aide financière aux jeunes agriculteurs au titre du premier pilier est obligatoire. Environ 4,1 % des demandeurs de paiements directs en bénéficient pour un montant variant entre 20 €/ha et plus de 80 €/ha selon les États membres. Mais les fonds les plus importants pour les jeunes agriculteurs sont ceux issus du second pilier.
Seulement, ces aides ne répondent pas nécessairement aux principaux obstacles auxquels se confrontent les jeunes agriculteurs, notamment la difficulté d’accès à la terre. En raison de la rareté des terres de haute qualité, du prix des terres, de l’impact des paiements directs sur les prix et des réformes législatives, les nouveaux arrivants ont tendance à exploiter de plus petites exploitations agricoles et, par conséquent, rencontrent des difficultés pour obtenir des intrants à des prix concurrentiels, constatent les auteurs de ce travail. Ces nouveaux arrivants sont également plus menacés par la volatilité des prix, doivent faire face à des problèmes d’accès au financement et ont besoin d’une formation aux compétences entrepreneuriales et à la gestion des risques.
Succession et nouveaux entrants
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Dans la plupart des pays étudiés dans ce rapport, ce sont en fait les successeurs d’exploitations existantes qui sont les principaux bénéficiaires des aides de la Pac pour les jeunes agriculteurs et non pas les nouveaux arrivants. Dans un certain nombre de pays, ces aides servent d’outil pour faciliter la succession des exploitations agricoles ou d’incitation au passage de l’ancienne génération à une relève plus jeune. Quelques États membres néanmoins prévoient spécifiquement des fonds pour les entrants dans le secteur.
Le paiement en faveur des jeunes agriculteurs renforce néanmoins de manière générale la compétitivité des exploitations agricoles des jeunes agriculteurs et des nouveaux arrivants, souligne le rapport qui recommande donc de maintenir ces soutiens dans l’avenir, mais d’imaginer également des incitations pour que les agriculteurs plus âgés transfèrent leurs exploitations. Il suggère également de davantage mettre l’accent sur les obstacles tels que l’accès au capital ou le manque de compétences commerciales et managériales, et enfin de différencier le soutien aux jeunes agriculteurs de celui pour les nouveaux entrants.
La Commission européenne doit présenter le 29 novembre sa communication sur l’avenir de la Pac dans laquelle la question des jeunes agriculteurs est une des principales priorités (1).
(1) voir n° 3615 du 23/10/17 et même numéro