Ce n’est pas une suprise. La candidature « officielle » de José Bové, agriculteur, ancien porte-parole de la Confédération paysanne et militant « anti-OGM » devait être annoncée le 1er février. C’est chose faite. A 53 ans, le leader altermondialiste a donc franchi le pas pour faire avancer la gauche « alternative, écologiste, antiraciste, féministe et solidaire ». Fort d’un soutien de plus de 30 000 personnes qui ont signé sa pétition sur internet, il ne recueillerait pour l’instant qu’une centaine de parrainages, selon le journal le Parisien, sur les 500 qu’il devra présenter le 16 mars.
Et de cinq. José Bové est le cinquième candidat de la gauche antilibérale à se présenter pour l’élection présidentielle. Sous le coup d’une condamnation en justice pour arrachage d’OGM, il a prôné le 1er février « l’insurrection électorale contre le libéralisme économique ». José Bové est l’une des rares personnalités de la société civile et l’un des rares agriculteurs à briguer l’Elysée en 2007. Il s’est vanté d’être ni « le candidat d’un parti », ni « un professionnel de la politique ». Rappelons qu’il y a quelques années, lors de ses premiers combats médiatisés contre la mal-bouffe (démontage du McDonald’s en août1999), il affirmait ne pas vouloir faire de la politique.
L’axe de sa campagne est le combat contre la droite. Mais au passage, il décoche aussi une flèche à Ségolène Royal qui « incarne une gauche qui a renoncé ». Il a déjà toutefois annoncé qu’au deuxième tour, il soutiendrait une candidature de gauche pour « empêcher que Sarkozy soit élu».
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Un débat citoyen sur les OGM
Son programme est inspiré des 125 propositions des collectifs antilibéraux. « Les questions du nucléaire et des OGM seront soumises au débat citoyen», a-t-il souligné sans plus s’avancer.
Son premier meeting est prévu le 7 février à Aubagne, berceau des collectifs antilibéraux, le jour où la Cour de cassation doit statuer sur son pourvoi contre une condamnation à quatre mois de prison ferme dans le cadre des actions anti-OGM. Mais, même s’il est condamné, il ne sera pas privé de ses droits civiques. L’ancien leader paysan ne recueille qu’entre 1 et 3% dans les sondages. Ira-t-il jusqu’au bout d’une campagne qui perturbe le jeu à l’extrême-gauche et même chez les Verts ? Cela dépend de la « dynamique » populaire et unitaire qu’il va créer, répondent ses supporters. Un sondage Csa pour le Parisien, Aujourd’hui en Franceet i›télé révèlait le 30 janvier d’un tier des Français (29 %) souhaitaient sa candidature contre… 71 % qui n’en voulaient pas.